La kabbale

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La kabbale

Message  Freya le Ven 4 Jan 2013 - 16:28

A la question posée à des étudiants : que vous évoque le mot "kabbale" ? ils répondirent de manière générale : de sombres pratiques de sorcellerie, des grimoires aux pages recouvertes de signes incompréhensibles, des élucubrations, alors qu'elle fut à "l'origine" la plus haute expression de l'ésotérisme religieux judaïque.

La mot hébreu "kabbale" signifie "transmission". La kabbale est donc la recherche du sens caché de la loi. Selon les kabbalistes "Dieu a tracé son monde sous les trois formes de l'écriture, du nombre et de la parole." L'être est donc semblable à la pensée exprimée par la langue. Or l'hébreu est la langue de la loi et en conséquent, elle seule permet d'accéder à la connaissance.

Le déchiffrement kabbalistique de la loi repose sur le fait qu'à chacune des vingt-deux lettres de l'alphabet, correspondent à la fois à un nombre et à un concept, de façon à ce que dans le même verset de l'Ecriture, les kabbalistes découvraient plusieurs sens cachés l'un derrière l'autre. Pour réussir, ils avaient crée en quelque sorte un algèbre sacré, aux règles strictes.

Le livre principal de la kabbale est le Sepher ha-Zohar, le "Livre de la Splendeur" attribué à Rabbi Siméon ben Joachim qui aurait vécu au IIe siècle avant notre ère. La kabbale apparut au XIe siècle en Occitanie et en Catalogne pour se répandre jusqu'en Bohême et en Allemagne. De nombreux chrétiens kabbalistes apparurent à la Renaissance mais, plus tard, des charlatans jetèrent le discrédit sur cette doctrine mystique.

L'arbre des Sephirots
Le dessin connu sous ce nom, résume l'ensemble de la philosophie de la kabbale. De l'Aïn Soph "l'Etre absolu" n'est pas figuré puisque par définition il est caché, inconnaissable pour l'homme, et dont émanent les 10 sphères (sephirot) qui constituent tout ce qui existe. Au sommet se trouve la sephira suprême : Keter (la couronne) qui signifie "la compréhension infinie". Suivent ensuite et émanant les unes des autres les trois groupes de sephirot correspondant aux trois mondes : intellectuel,moral et physique. Il s'agit de : l'intelligence et la sagesse (Binah et Hokmah) ; la force, l'amour et la beauté (Gebourah, Hesod et Tipheret) ; la majesté, la victoire et le fondement (Hod, Nesah et Iesod) ; et enfin en bas, la royauté (Melkut). Selon le traité kabbalistique Bahir, Dieu lui-même aurait expliqué cette figure. Les sephirot sont reliés entre eux par les "chemins" qui représentent les voies multiples de la connaissance. La kabbale enseignait que grâce à la connaissance, l'homme peut réintégrer l'état de perfection qui était le sien avant le "péché"et qu'il redeviendrait alors l'Adam Kadmon.



Trois grands adeptes
La kabbale eut trois grands adeptes : Maïmonide, Tritheim et Pic de la Mirandole. Moshé ben Maïmoun (1135-1204) mieux connu sous le nom de Maïmonide, rabbin, médecin et philosophe de son état, et grand kabbaliste, vécut à Cordoue en Andalousie. Il laissa dix-huit traités dont le plus célèbre fut le "Guide des égarés" .
Tritheim (1462-1516) fut l'un des pères de la kabbale chrétienne. Abbé de Sponheim, il prétendait avoir eu la révélation par un ange, d'un système d'écriture universelle dont il publia les principes sous le titre de "Stéganographie". Il précisa : "Pour que ce grand secret ne vienne pas aux oreilles des gens vulgaires, je l'ai enveloppé à la manière de ce que les Hébreux appellent kabbale."
Quant à l'Italien Pic de la Mirandole (1463-1494), il fut surnommé le Prince de son temps. A dix-huit ans, cet homme fort intelligent, parlait vingt-deux langues, dit-on. Il fut un kabbaliste accompli. Il écrivit : "J'ai acheté à prix d'or et lu de fond en comble les livres de la kabbale. J'y ai trouvé non pas tant la religion de Moïse que la religion chrétienne : ici le mystère de la Trinité, là l'Incarnation du Verbe, ailleurs la divinité du Messie." Il tenta ainsi de prouver la convergence des systèmes philosophiques et religieux vers le christianisme. Mais cela n'empêcha nullement les théologiens de le faire empoisonner à l'âge de trente et un ans.
Plus tard encore, d'autres, dont des Français comme Guillaume Postel ou Blaise de Vigenère, furent connus comme kabbalistes.



La statue de Maïmonide à Cordoue, Tritheim et Pic de la Mirandole.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sephiroth_(Kabbale)
avatar
Freya

Messages : 879
Date d'inscription : 24/08/2012
Localisation : Vosges

Revenir en haut Aller en bas

RE : La kabbale

Message  SFuchs le Jeu 18 Juin 2015 - 17:04

Bonjour à tous,

Je continue à parcourir avec beaucoup d'intérêt ces lieux, en essayant de relier ces connaissances avec d'autres éléments de réflexion trouvées ailleurs.

Dans ma réflexion sur le rapport entre la Tetraktys pythagoricienne et l'arbre de vie de la Kabbale (relation évoquée d'ailleurs sur la page Wikipedia en anglais de la Tetractys), je suis parvenu à une réflexion alternative de ce que j'ai pu lire.
Si donc on doit s'essayer à une analogie entre les deux, je percevrais les choses un peu différemment : je pense que le Royaume (10ème sephiroth), sont les 4 éléments du 4ème niveau du triangle pythagoricien, rassemblés en un seul pour les besoins d'illustrations d'un arbre. les trois premières sephiroth constitueraient la triade supérieur, et les trois sephiroth Gebourah, Hesod et Tipheret constitueraient une triade intermédiaire correspondant aux trois pôle du niveau 3 de la Tetraktys. Ils correspondraient par ailleurs à un niveau d'intelligibilité accessible à la compréhension humaine par la réflexion et la méditation car la conscience humaine se situe proche de ce niveau. Par ailleurs, certains hermétistes considèrent que le Christ est issu de Tipheret.
Par ailleurs, si les kabbalistes considèrent que la conscience peut rejoindre l'Un par la connaissance et l'emprunt des chemins qu'elles prendraient en sens opposé de l'éclair initial par lequel tout a été posé du Haut vers le Bas, cela rejoint l'intuition de Nicolas de Cues selon laquelle le dernier niveau de la Création a pour vocation de remonter aux niveaux d'en Haut.
En revanche, dans mon explication, je ne trouve aucune équivalence pour Hod, Nesah et Iesod, qui est comme une troisième triade "inutile" dans mon analogie.
avatar
SFuchs

Messages : 104
Date d'inscription : 29/05/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  patanjali le Sam 20 Juin 2015 - 7:03

Je ne connaissais pas ce rapport entre la Kabbale et la tétraktys. Effectivement wiki écrit au sujet de la Kabbale :
L'herméneutique judaïque médiévale étudia les textes sacrés de sa tradition religieuse, et interpréta les signes symboliques qu'elle prétendait y découvrir comme les éléments d'une conception mystique de type néoplatonicien de la structure du monde créé, considéré sous ses aspects tant physiques que métaphysiques
wiki.
En effet, je ne vois aucun problème à voir les correspondances. En suivant la numérotation, le Un est le No 1, le Deux est 2 et 3, le Trois est 4, 5 et 6 ; le Quatre   est 7, 8, 9, 10.

Je croyais plutôt à une origine indienne, dérivée de l’hexagramme ou étoile à six branches des yantras, qui est devenue « étoile de David »  ou « sceau de Salomon » seulement au 18ème siècle. Je me référais à une image que l’on trouve sur ce site. Je la  croyais originale mais je constate aujourd’hui qu’elle est en fait de facture récente, commerciale et d’un auteur occidental. Je ne trouve aucun autre yantra traditionnel qui montre cette forme de trois triangles imbriqués.



Pourtant la forme de l’arbre des séphirots évoque plutôt une ennéade comme l’arbre de Porphyre présenté ICI, ou celle de l’Ennéade de Héliopolis accomodée au nombre 10 selon un autre site ou encore les neuf demeures  de l’arbre de vie Yggdrasil.



L’arbre de vie de la Kabbale est-il inspiré par la tetraktys ou par l’ennéade ?
C’est sans doute un amalgame des deux, comme en général toute mystique du judéo-chrétianisme est une récupération de traditions et symboles antiques (mal) compris dans les termes de sa propre époque et tradition.
Les symboles doivent être compris dans le contexte de leur origine culturelle. Mais actuellement la mode sur internet est d’associer la Kabbale à tous les ésotérismes tels que le tarot ou le yi king.

Selon Nicolas de Cues, toute idéologie, tout modèle n’est qu’une approximation, une conjecture. Guillaume d’Ockham exigeait que « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. ».
Des symboles universels, il n’y en a pas beaucoup, le cercle pour l’unité, le triangle ou tri-unités des principes métaphysiques de la manifestation et le carré ou l’hexagramme pour la manifestation elle-même.  Celui-ci est déjà une combinaison du 2 et du 3. Tout modèle plus complexe est une conjecture, une application à un contexte culturel ou manifesté spécifique.[/u]
avatar
patanjali
Admin

Messages : 772
Date d'inscription : 20/08/2012
Age : 81

http://sys.theme.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  Freya le Sam 20 Juin 2015 - 16:18


Figure kabbalistique chrétienne représentant la transposition de l'arbre kabbalistique des sephirot. En bas, le chaos; en haut, la Trinité; au centre, l'Eglise catholique occupant la place de Tipheret, la beauté.
avatar
Freya

Messages : 879
Date d'inscription : 24/08/2012
Localisation : Vosges

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  SFuchs le Sam 20 Juin 2015 - 19:16

Merci pour vos réponses. Je continue mes recherches. L'église catholique en lieu et place de Tipheret, je suppose que cette représentation a été faite il y a bien longtemps !

Par ailleurs, dans l'interprétation de l'Ennéade d'Héliopolis, je trouve que le Temps est mal placé, et il est même en rupture de logique et de nature avec l'idée de coexistence des contraires (en quoi le Temps serait-il l'élément complémentaire à l'espace et définissant ses contours ? Il y a là un problème de simple logique).
Si l'on se réfère à notre compréhension actuelle du temps, il ne figure par sur l'Arbre de Vie. Le temps serait un paramètre extérieur à cette représentation, et le temps serait la manifestation ou encore la résultante de l'activité (introduisant une asymétrie au sein de cette grandeur conformément à l'auto-organisation explicitée en ces lieux Prigogine etc. et à laquelle j'adhère). Le temps serait la résultante de l'Esprit à l'oeuvre dans la Création.

Affaire à suivre Very Happy  !
avatar
SFuchs

Messages : 104
Date d'inscription : 29/05/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  Freya le Sam 20 Juin 2015 - 19:28

SFuchs a écrit :
L'église catholique en lieu et place de Tipheret, je suppose que cette représentation a été faite il y a bien longtemps !
Au XVIe siècle elles étaient courantes.
avatar
Freya

Messages : 879
Date d'inscription : 24/08/2012
Localisation : Vosges

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  Freya le Dim 21 Juin 2015 - 10:21

Au XVIe siècle elles étaient courantes.
J'ai omis de préciser qu'à cette époque, la langue hébraïque était à la mode chez les lettrés.
avatar
Freya

Messages : 879
Date d'inscription : 24/08/2012
Localisation : Vosges

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  SFuchs le Mar 18 Oct 2016 - 21:48

J'ajoute un élément au dossier : m'intéressant aux différentes traditions, mon attention s'est particulièrement fixée, ces derniers temps, sur l'hypothèse du tsimtsoum. Cette hypothèse de la kabbale juive est assez géniale, et place la création de l'Univers dans un mouvement de retrait du Transcendant, par opposition au mouvement de Chute explicité dans la foi chrétienne. Le retrait de l'Un ou du Transcendant, laissant vacant un espace en jachère dans lequel peut se développer la Création, est une hypothèse riche et fertile, avec un certain nombre d'implications fondamentalement différentes de l'hypothèse de la Chute. L'hypothèse du Retrait permet notamment d'expliquer l'existence d'un Espace qui ne soit pas incompatible avec une création ex nihilo, extérieure à l'Un et en dehors de lui. J'espère produire quelques réflexions intéressantes sur le sujet...
J'ajoute que l'Arbre de vie et ses Sephirot ressemblent étrangement à la disposition du Ciel Antérieur du Yi King, affaire à suivre ...
avatar
SFuchs

Messages : 104
Date d'inscription : 29/05/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  Freya le Mer 19 Oct 2016 - 13:16

Bonjour SFuchs,
La faute que font tous les monothéismes est de séparer le Un ou le transcendant de sa Création, alors que non seulement nous sommes immergés en lui, mais encore, il est en nous et en toute chose de sa Création.
avatar
Freya

Messages : 879
Date d'inscription : 24/08/2012
Localisation : Vosges

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  patanjali le Mer 19 Oct 2016 - 19:23

L’unité du Un transcendant se déploie par l’intermédiaire du Deux dans le Trois, principe de l’Altérité. Telle est l’unité de l’Univers exprimée par la tétraktys pythagoricienne mais aussi par Lao tsé et par la cosmologie du Samkhya , fondements de la pratique holistique des médecines traditionnelles orientales.

C’est pourquoi, pour moi, l’essentiel de la création est dans le Trois qui exprime les principes de l’auto-organisation,  parce que ces principes sont appliqués avec succès depuis des millénaires dans la pratique des médecines traditionnelles, ce qui est une sorte de preuve expérimentale.

Comme toute chose intelligible, l’unité du Trois, sous forme de triangle, est opposé à son contraire, un triangle inverse. Cela justifie l’ étoile à six branches, projection d’un octaèdre régulier posé sur une des faces triangulaires. Les 8 faces triangulaires correspondent par leur opposition au ciel antérieur.

Toutes les autre interprétations (hermétisme, trinité, alchimie, cabale, etc.) sont des spéculations particulières postérieures, communautaires ou théologiques, qui en dérivent.
avatar
patanjali
Admin

Messages : 772
Date d'inscription : 20/08/2012
Age : 81

http://sys.theme.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  SFuchs le Mer 19 Oct 2016 - 19:26

Bonjour Freya,

Sur un plan spéculatif, il me semble cohérent qu'il n'y ait pas identité entre l'Un et la Création, ce qui ne veut pas dire qu'ils soient étrangers l'un de l'autre. Si l'Univers était en plénitude, nous ne serions pas en train de spéculer car nous ne serions pas dans un état de conscience limité cherchant à rejoindre autre chose, que nous savons intuitivement ou imaginons infini, éternel ou illimité.
Le fait que l'Un et la Création soient distincts ne signifie pas non plus qu'il n'y a pas de contact entre eux, où qu'il n'y ait pas de force divine à l'oeuvre au sein même de la création.
Je pense que l'on ne peut pas adresser les mêmes critiques aux kabbalistes, c'est-à-dire aux mystiques juifs, qu'au judaïsme rabbinique et ses représentants. Par exemple, dans la compréhension exotérique et rabbinique du judaïsme et textes à l'appui, Dieu apparaît assez facilement et rapidement comme une sorte de papa dans le Ciel, vengeur et versé dans la punition et le châtiment, dans un rapport de subordination des créatures face au créateur. Le lien entre le créateur et la créature est un lien univoque et basé sur une compréhension bien particulière, et très humaine, de la relation de l'homme à Dieu.
Dans une compréhension plus ésotérique et mystique du judaïsme telle que présentée dans le tsimtsoum, les choses sont beaucoup plus subtiles et nuancées. Des commentaires trouvés sur Internet au sujet du tsimtsoum mettent en évidence que dans cette hypothèse, le divin est présent au sein de la création, et qu'il n'y a pas de séparation nette entre le divin et la création, mais un retrait de l'Un dans un premier temps, puis son interpénétration dans la matière qui petit à petit prend mouvement et vie sous l'effet de cette présence divine, qui anime les objets alors que précisément ils disposent d'un espace de liberté pour s'animer, conséquence du retrait. C'est donc assez nuancé en terme de relation Créateur-Création. Le Créateur n'est pas omniprésent, mais il n'est pas absent non plus. Le Créateur n'est pas omnipotent, mais sans sa présence rien n'est possible.
Par ailleurs, dans une logique de retrait plutôt que de chute, la notion de péché de l'homme tend à s'estomper ou à complètement changer de signification. Ainsi par exemple, l'homme n'est pas un être entâché d'une faute originelle parce qu'il a été expulsé loin de Dieu, mais il est un être en situation d'ascencion, qui a le mérite de s'être déjà élevé du seul statut d'animal, et dont la dignité consiste a non seulement avoir commencé ce chemin, mais à le poursuivre. Il n'a pas de culpabilité à avoir qui le renvoie sans cesse à une faute inexpiable du passé, accablant sa conscience d'un mal que d'autres ont commis avant lui et dont il ne peut se soustraire et doit se sentir dépositaire et responsable. Il s'agit donc d'une conception positive et heureuse de la destinée humaine.
Autre conséquence de l'hypothèse du retrait par rapport à la chute : le fait que les esprits soient antérieurs ou postérieurs à l'avènement de l'humanité. Dans une hypothèse de chute, les archanges et les anges sont des esprits qui ont été expulsés moins loin dans le plérome. Il devient alors difficile d'expliquer en quoi la dignité de l'homme pourrait être supérieure à celle des archanges, et quels sens donner à l'impératif d'élévation spirituelle de l'homme. Dans une hypothèse de retrait, les esprits sont des êtres qui seraient en quelque sorte plus évolués dans le cosmos, à la faveur d'une évolution comparable à celle qui a fait quitter l'homme du strict statut de l'animal. Cela rejoint un peu la théorie des rondes cosmiques relayée par les théosophes.
Enfin, dans l'hypothèse du retrait, il est très facile de comprendre l'évolution de la matière par complexification, en considérant que les lois de l'auto-organisation ont commencé au niveau le plus infime et intime de l'espace laissé en jachère, pour produire tout ce qui existe aujourd'hui. La création serait une sorte de phénomène universel consistant à remplir l'espace laissé vide de tous les phénomènes rendus possible dans le cadre de cet espace libéré. En ce sens, la création serait à l'image de l'Un, dans un élan asymptotique pour le rejoindre ou lui ressembler, sans jamais pouvoir parvenir au terme de cet élan. Il n'y a plus non plus de Big Bang puisque la création s'organise depuis tous les recoins de l'espace, sans qu'il n'y ait de point originaire commun à cet espace et à la substance qu'il contient.
En revanche, pour expliquer l'action de l'Un dans la Création, le tsimtsoum recourt à l'hypothèse du rayon de lumière (le Kav) qui est comme une manifestation directionnelle et partielle de l'Un au sein de la Création. Dans l'optique chrétienne, cela pourrait se rapproche de l'Esprit Saint, qui anime et inspire toute chose. Dans le Tao, cela pourrait se rapprocher éventuellement du Qi. Il existe donc plusieurs façons de concevoir l'intervention ou l'action du divin dans la création, mais ces traditions sont dans tous les cas conscientes de la nécessité de formuler la question et d'apporter une réponse.
avatar
SFuchs

Messages : 104
Date d'inscription : 29/05/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  patanjali le Jeu 20 Oct 2016 - 11:14

SFuchs a écrit:Il existe donc plusieurs façons de concevoir l'intervention ou l'action du divin dans la création, mais ces traditions sont dans tous les cas conscientes de la nécessité de formuler la question et d'apporter une réponse.

Ces traditions sont celles des monothéistes ou autres déistes qui conçoivent un Dieu à l’image de l’homme, obligé comme l'homme d’avoir recours  à une " action divine dans la création ".
avatar
patanjali
Admin

Messages : 772
Date d'inscription : 20/08/2012
Age : 81

http://sys.theme.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: La kabbale

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum