Du Symbolisme du Chat

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Du Symbolisme du Chat

Message  Freya le Ven 19 Juil 2013 - 19:35

La déesse-chatte égyptienne, Bastet, symbolisait la joie, la musique et la danse. Certaines statues la montrent debout, revêtue d’une robe d’apparat et portant à son cou un lourd pectoral. Veillant sur sa dernière portée de quatre chatons, elle tient à la main droite un sistre, instrument de musique consacré à Hathor, la nourrice divine, indiquant par là son rapprochement avec la « vache céleste », toutes deux figures maternelles de même nature qu’Isis, déesse de la féminité.  

Au travers des âges, la chatte Bastet est toujours restée la protectrice des enfants. Selon le Grec Hérodote, le chat aurait été introduit en Egypte au cours de la XIIe dynastie, lors de la conquête de l’Ethiopie par le Pharaon Ousirtasen I, mais cette affirmation s’est avérée inexacte, car des fouilles archéologiques ont démontré que sa domestication remontait à la dynastie précédente, soit vers 2100 avant notre ère, sous le Pharaon Mentouhotep I. Cependant, il paraît évident que l’animal habitait déjà la terre d’Egypte bien avant cette date, vivant essentiellement dans les marécages où il se nourrissait de poissons et de volatiles. Si les anciens Egyptiens l’adoptèrent pour préserver leurs silos à grains des souris, les artistes travaillant dans les temples ne manquèrent pas de le caricaturer de façon délirante quelques fois, en peignant un chat assailli, puis réduit en esclavage par des hordes de souris (Tom et Jerry avant l’heure). Certains agriculteurs, observateurs perspicaces, étaient d’avis que la graisse du chat était plus efficace contre les souris que le chat lui-même. Autrement dit quand le chat est loin les souris dansent, chose bien connue.

Selon le Livre des Morts égyptien, le chat vivait déjà en Atlantide avant le grand cataclysme qui survint il y a environ 13.000 ans.
Selon la tradition biblique, tous les occupants de l’arche de Noé auraient été fort incommodés par les rats présents à bord du navire. Alors, d’un geste rapide, le patriarche aurait passé sa main devant le museau d’un lion endormi qui, en éternuant aurait projeté en l’air un couple de chats…

Dans la religion égyptienne tout comme dans d’autres croyances ou mythologies, il existe deux sortes de serpents : l’un est bon, l’autre mauvais, ou autrement dit, ils incarnent l’équilibre et le déséquilibre permanents du monde. Cependant, tous les deux émanent de la même puissance divine. Le premier s’oppose à son rival issu du chaos primordial, le « serpent d’eau » incarné par Seth, qui est l’incarnation des mauvaises énergies opposées à la vraie spiritualité.

Le serpent d’eau est le prédateur naturel du chat, lié à son instar à la lune lorsqu’elle est prise dans son aspect néfaste. Le Chat-Lumière est en conséquent l’allié du bon serpent ou le « serpent de feu » qui symbolise l’éveil spirituel, tandis que le serpent d’eau préconise la magie noire. Le destin du serpent d’eau est d’être écrasé par la connaissance, et l’on verra ultérieurement Hercule vaincre l’Hydre de Lerne, et Siegfried tuer le dragon dans les Nibelungen.

Selon les Egyptiens, la chatte sacrée Bastet fut envoyée par Rê lui-même, fatigué de voir les hommes se dresser contre sa grandeur et tomber dans le matérialisme. Décidé à punir l’humanité, il envoya aux Egyptiens une de ses filles  « l‘Œil du Soleil » qui en Nubie prit les traits d’une lionne sanguinaire, Sekhmet, épouse de Ptah et destructrice des ennemis du Soleil.

Il est frappant de constater que dans la plupart des pays, le chat a toujours été associé aux notions de mysticisme, de mort, de résurrection et de sagesse.

Dans les légendes bouddhistes indiennes, comme en Egypte, le chat et le serpent sont liés. Incarnant la béatitude, le chat éprouverait les mêmes sentiments que l’être humain. D’après les dernières connaissances que nous avons, il semblerait que le premier chat aurait été domestiqué il y a dix mille ans avant notre ère. Lors de fouilles effectuées au bord de l’Indus, des ossements de félidés et d’humains mêlés, ont été mis à jour. La taille des boites crâniennes des félins, a prouvé qu’il s’agissait bien de crânes de chats et non d’animaux sauvages.

Dans les légendes d’Extrême-Orient, le chat est de façon générale, lié à l’eau. Au Cambodge il sert de chaînon entre les humains et Indra, afin qu’il pleuve. Mais les agriculteurs agissent d’une manière inamicale avec le petit félin qui  est mis en cage et promené à travers champs où, chaque villageois, lui verse un peu d’eau sur la tête. Trempée, la pauvre bête est censée apitoyer Indra par ses miaulements, et envoyer de la pluie pour que cesse son supplice.

Les Chinois se montrent beaucoup plus cléments envers le petit animal. Ils se contentent de le mimer, de prendre ses poses, mais toujours dans le but d’obtenir des pluies abondantes et par conséquent, de fructueuses récoltes.

Les Japonais aiment les formes variées des statuettes de chats à l’air aimable et souriant, une patte levée en avant. Ce sont les « Mani-Neko », les chats porte-bonheur, ce qui prouve bien l’attachement qu’ont les Nippons pour cet animal.



Lors des grandes expéditions maritimes vers les continents encore inexplorés, les navigateurs prenaient à leur bord des chats tricolores de préférence, sensés éloigner les tempêtes et ramener les nefs à bon port.  

Au sud-ouest du Japon, dans la province de Kumamoto-Ken, les Japonais ont donné à un pic du Mont Aso, un volcan, le nom de « Pic du Chat ».  Et la tradition en fait la résidence du roi des chats, vers laquelle tous les chats du pays sont censés converger le dernier jour du mois, pour lui rendre hommage.

Dans le temple Nikko du même nom que la ville, au Nord-Est du pays, les Japonais vénèrent la sculpture du « chat endormi » le Tosho-gu. Ils expliquent que les souris n’osent y pénétrer de crainte de l’éveiller.



Les contes et légendes japonais relatent souvent des histoires de courageux samouraïs qui ont perdu leur sang-froid devant de merveilleuses princesses se transformant, l’aube venue, en chattes noires, en «kuruneko».

Dans les Isles de la Sonde, on a fait du chat le serviteur des divinités infernales. Il est chargé de précipiter les âmes des coupables dans les eaux qui séparent le monde des vivants de celui des trépassés. Mais là n’est pas son seul rôle. Bourreau et justicier, il trône aux côtés des juges, au pied de l’Arbre de Vie d’où est issue toute chose.

Chez les Perses comme chez les Egyptiens, le chat est lié à l’occultisme, et plus exactement au double de l’être ou doublet pour les anciens Egyptiens, et Hemzâd pour Les Perses. En conséquent, tuer un chat était considéré comme un crime, d’autant plus qu’il était entrepris sur le double astral de la personne concernée. Et nul n’osait toucher aux chats à la robe noire, qui étaient pour les Perses l’enveloppe terrestre revêtue par les djinns pour se mêler aux humains.

En Afrique Centrale, les sorciers affirmaient que son propriétaire était assuré du don de double vue.

Les Amérindiens de la nation Pawnees avaient le plus grand respect pour le chat sauvage, en raison de son adresse à la chasse.

Quant aux Musulmans, le prophète Mahomet, aimait les chats et plus particulièrement sa petite « Muezza ».

Les Romains n’eurent pas pour le chat les égards que les Egyptiens eurent pour lui. Ils ne virent jamais autre chose en lui qu’un animal capable de rendre des services en les débarrassant des rongeurs, ou en leur servant d’animal de compagnie.

La Kabbale n’éprouvait que méfiance vis-à-vis des chats, dont elle fit le symbole de l’abus des biens terrestres. Quant au christianisme, un chat placé  au pied de la croix, était censé  faire retomber sur le pauvre animal tout le poids des péchés de l’humanité… Et dès le Concile de Tours, selon des sources datant de l’an 589, une expression nouvelle fit son apparition dans le langage, celui de - sorcier. Voyons la définition du mot à son origine : un sorcier ou une sorcière est une personne qui vit en accord avec les énergies de la nature, et qui sait canaliser les énergies telluriques et perpétuer les anciennes traditions. Et dans les campagnes, par esprit d’opposition peut-être, les chats vont devenir les compagnons préférés des pratiquants de l’ancienne sagesse. Mais, ces dépositaires d’un savoir ancestral et qui n’ont pas oublié les pouvoir du chat doué d’une grande sensibilité aux influences naturelles, vont se retrouver peu à peu face à l’ignorance du monde rural. Et ce fut à ce moment-là que le chat se mit à sentir tout d’un coup le soufre. Et pourtant, c’est bien lui qui sauva les Européens, en éliminant les rats bruns, vecteurs de la peste, arrivés dans le sillage des envahisseurs hunniques.

Au Moyen Age en Germanie, des rumeurs circulent sur un culte impie rendu à Freya, épouse d’Oddhin, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, nuit appelée « nuit de Walpurgis ». Les chats y tiennent un rôle étrange, lié aux rites de fertilité. Et toute cette médisance n’était que l’altération finale d’anciens rites, déterminée par la stupidité humaine.

Créée en 1220, l’Inquisition ira jusqu’à fabriquer des procès d’animaux, où l’on verra de pauvres félins, accusés d’agissements diaboliques, périr dans les flammes des bûchers. Le chat fut la victime expiatoire des déchaînements effarants de cruauté des inquisiteurs. Et le pape Clément VII accusa les Cathares d’avoir fait élever à des fins inavouables, une grande quantité de chats noirs.

En 962 à Ypres, en Belgique, le comte Baudouin III instaura le « mercredi des chats ». Devant un public hilare, on jetait du haut d’une tour du château des chats vivants. Plus tard, ce fut du haut du beffroi de la ville. Ce fameux « mercredi des chats » perdure toujours, mais fort heureusement pour les félidés, on ne jette plus que des peluches à leur effigie.

En France, le roi Louis XI ne fit pas mieux, puisqu’il ordonna que les feux de la Saint Jean allumés place de Grèves, culminent par l’embrasement d’un mât au sommet duquel était accroché un sac rempli de chats, auquel le roi en personne venait bouter le feu. Louis XIV fit abolir cette coutume, peut-être en souvenir du cardinal de Richelieu qui avait beaucoup aimé les chats.

Persécutés, les chats finirent par disparaître complètement, et ce fut à ce moment-là que la peste noire éclata suite au retour des croisés qui ignoraient que des rats noirs avaient pris place à bord des navires les ramenant de Palestine. Les Européens payèrent chèrement leur stupidité, puisque vingt-cinq millions d’entre eux moururent.

La réhabilitation du chat, coïncide avec l’Affaire des Poisons, dernier grand procès de sorcellerie, qui s’est tenu sous le règne de Louis XIV. Mais dans le monde rural, les cruautés envers les chats ne vont pas cesser de sitôt.

De nos jours, nous avons souvent tendance à traiter le chat de fourbe, d’égoïste, de capricieux, d’imprévisible. Pourtant, le chat recherche d’instinct les personnes à la voix harmonieuse, et il n’est pas rare de le voir détaler à l’approche d’une personne à la voix dissonante voire rauque. Les anciens Egyptiens disaient que le chat est sensible «à la voix qui sonne juste et qui dit le vrai », et que les mauvaises vibrations le déstabilisent. On peut se demander si la télépathie est possible entre un être humain et un chat. Est-il capable de capter l’onde de notre cerveau ? Si nous prenons en considération les histoires vécues par certaines personnes cohabitant avec des félins, il semblerait que cela soit ne soit pas impossible, mais cela ne relève pas de notre domaine.

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Le chat de la Mère Michel

Message  Freya le Mer 24 Juil 2013 - 15:36

Enfants, nous avons tous fredonné ce refrain, ou du moins l'avons-nous entendu. Qu'en est-il exactement de cette histoire ?

La dame Michel a bel et bien existé. Fruitière de son état, elle vivait à Saint-Malo et avait pour compagnon un chat du nom de Griffon. Malheureusement pour la Mère Michel et pour son chat, ce dernier fut emporté par un boulet de canon anglais, lors du siège de la ville, le 16 juillet 1692.
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