L'épistémologie, science de la connaissance

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L'épistémologie, science de la connaissance

Message  patanjali le Sam 27 Sep 2014 - 8:40

Définitions.
Wikipédia donne des définitions ambiguës de l'épistémologie. Selon la tradition francophone (c'est-à-dire cartésienne) l'épistémologie "étudie de manière critique la méthode scientifique", Dans la tradition anglo-saxonne, l'épistémologie se confond avec la théorie de la connaissance.
On ne peut certes pas confiner la connaissance à la méthode scientifique. L'histoire montre que ses postulats incomplets et unilatéraux sont fondés sur la philosophie aristotélicienne, héritée des dogmes thomistes de la scolastique.
L'épistémologie en tant que science de la connaissance est indissociable de l'histoire de la philosophie.
 
Histoire des théories de la connaissance. 
Je rappelle brièvement que parmi les philosophes grecs présocratiques Parménide affirmait que l'univers est un être immuable, alors qu'Héraclite soutenait qu'il est un devenir, un changement perpétuel. 
Platon, par le dialogue de Socrate, tenta de  réunir les conceptions contraires dans une logique de complémentarité. Il proposa une conception intégrale de la connaissance par son allégorie de la caverne: Au fond les ombres perçues par les sens (connaissance sensorielle), à l'entrée la lumière éblouissante du soleil (connaissance intuitive) et, entre les deux niveaux, les Formes mouvantes à l'origine  de la projection d'ombres  (connaissance rationnelle).
Aristote disciple de Platon, trahit son maître. Il ne reconnut comme réel que ce qui est observable par les sens et se moqua des Formes ou Idées de Platon qui expriment des principes ou des lois. Son ontologie est faite de classes d'êtres observables, de genres et espèces.. Sa logique est fondée sur l'identité individuelle et ssur les principes de la contradiction exclue et du tiers exclu qui sont applicables à la seule l'observation des phénomènes.


La philosophie dissidente d'Aristote resta marginale, alors que le platonisme fut renouvelé au 3ème siècle par les néoplatoniciens (Ammonios Saccas, Plotin, Porphyre) Ceux-ci ont inspiré les premiers théologiens chrétiens, qui avaient une légende mais pas de philosophie. Au contraire, les néoplatoniciens avaient une philosophie qui incluait la spiritualité mais ne reconnaissaient pas les légendes monothéistes.
Au13ème siècle, lorsque les écrits des philosophes grecs furent disponibles, le théologue de l'ordre franciscain, Bonaventure de Bagnoregio,  enseigna de nouveau les trois niveaux platoniciens de la connaissance. En même temps, le dominicain Thomas d'Aquin découvrit Aristote et l'interpréta dans le sens des doctrines de Rome. Le Vatican préféra la logique rigoureuse d'exclusion des contraires du dominicain, qui fut appliquée par la Sainte Inquisition, à la logique tolérante de complémentarité ou "coïncidence des opposés" du franciscain.
Ainsi, l'ontologie, l'empirisme et la logique aristotélicienne de la scolastique s'imposèrent progressivement non seulement dans l'Eglise mais dans toute la pensée occidentale.


La connaissance selon Descartes
Malgré la pression de l'Inquisition, la pensée néoplatonicienne et pythagoricienne resurgit à la Renaissance, accompagnée de l’hermétisme et de l’alchimie apparentés, et influença des philosophes jusque à Descartes qui marqua la transition de la philosophie à la science par son Discours de la méthode.


René Descartes était encore un de ces savants de la Renaissance qui ne faisaient pas de différence entre philosophie et science. Il représentait la connaissance selon la trilogie néoplatonicienne par son arbre de la connaissance :
" Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale, "
On a souvent répété que toutes les sciences naturelles sont issues de la physique mais on oublie que pour Descartes la physique elle-même est enracinée dans la métaphysique.


Dans une correspondance à la reine Christine de Suède, il écrivit :
"  L'esprit humain possède en effet je ne sais quoi de divin, où les premières semences de pensées utiles ont été jetées, en sorte que souvent, si négligées et étouffées qu'elles soient par les études contraires, elles produisent spontanément des fruits. Nous en avons la preuve dans les plus faciles des sciences, l'arithmétique et la géométrie. ... Quoique je doive souvent parler ici de figures et de nombres, parce qu'on ne peut demander à aucune science des exemples aussi évidents et certains, quiconque considérera attentivement ma pensée s'apercevra facilement, que je ne songe nullement ici aux mathématiques ordinaires, mais que j'expose une autre science, dont elles sont l'enveloppe plus que les parties. Cette science doit en effet contenir les premiers rudiments de la raison humaine et n'avoir qu'à se développer pour faire sortir des vérités de quelque sujet que ce soit; et, pour parler librement, je suis convaincu qu'elle est préférable à  toute autre connaissance que nous aient enseignées les hommes, puisqu'elle en est la source. "
Cette citation prouve que Descartes avait l’intuition d’une structure cognitive innée, donc d’une base épistémologique qui est une interface entre sujet et objet. Ce ne sont ni des structures mesurables, ni des idées définissables mais plutôt des principes préétablies, communes au réel et à la faculté de connaissance, puisque celle-ci, d'origine biologique, fait partie du réel.


La distinction faite par Descartes entre res extensa, le réel mesurable, et res cogitans, le réel pensable, est un dualisme qui a deux interprétations possibles. Dans la pensée néoplatonicienne, il signifie une complémentarité analogue à celle du sujet et de l’objet dans la connaissance.
Ainsi, l’expression « je pense donc je suis » de Descartes relie la pensée subjective à l’existence objective. Au contraire, Christian Wolff, inspiré par Leibniz et suivi par les positivistes se targuant du nom de « cartésiens », interprétèrent le dualisme selon la logique aristotélicienne de contradiction exclue, interdisant tout lien entre science et philosophie. Ce fut le début du matérialisme scientifique qui méprisa toute forme de métaphysique.


Dérive du positivisme "cartésien".
L'application illégitime de la logique d'exclusion des contraires au sens des idées de matière, d'espace et de temps, conduisit à des postulats unilatéraux, jamais explicitement formulés tels quels, mais toujours implicitement sous-entendu dans le discours scientifique: Le principe matérialiste affirme que l'univers est formé de matière ou particules, leprincipe réductionniste que l’ensemble n’est rien d’autre que la somme des parties; et le principe déterministe que l'effet et la cause sont équivalents et réversibles, selon le principe de raison suffisante.
Quant au dogme empiriste, selon lequel seul l'observable peut être qualifié de réel (l'empirisme naïf), il est à l'origine d'erreurs d'interprétations qui ont fondé aussi bien la relativité restreinte que la mécanique quantique.
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La trilogie, racine de la connaissance

Message  patanjali le Sam 27 Sep 2014 - 8:44

Le rasoir d'Ockham
Guillaume d'Ockham écrivit: "Pluralitas non est ponenda sine necessitate: Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité." Cet idéal de simplicité fut appelé "rasoir d'Ockham". Mais on a oublié qu'il a été clairement formulé par les néoplatoniciens du 3ème siècle (Ammonios Saccas, Plotin, Porphyre) et avant eux par Platon, Pythagore et les principaux sages orientaux. 
Les néoplatoniciens distinguaient  trois "hypostases": Le Un, univers ou conscience, le Deux, l'intellect, ou les lois naturelles. et le Trois, le monde des individus et phénomènes perceptibles. Les hypostases sont une redéfinition des trois niveaux de connaissance selon l'allégorie de la caverne de Platon
 
Les trois hypostases des néoplatoniciens 
Ce sont à la fois des aspects du réel, de la connaissance et de la logique  
 Le Un est l'origine commune des possibilités d'existence. Sa logique est la coïncidence des opposés dans le symbole de l'ouroboros. L'Un est indéterminé et indéfinissable. Il est inqualifiable, car étant pure possibilité, il n'est ni existant ni non existante ou à la fois existant et non existant. Chacun peut en dire n'importe quoi ou son contraire, il aura toujours à la fois raison et tort. C'est bien ce qu'on constate sur les forums de spiritualité.
Le Deux appelé Logos par les néoplatoniciens, est  la distinction, condition de la raison et de l'intelligibilité. Sa logique est la complémentarité des contraires. La compréhension du fonctionnement de la nature implique en effet les relations entre états, actions ou qualités contraires. On reconnaît la complémentarité dans les équations ou fonctions mathématiques, les symétries de la mécanique quantique, mais aussi dans tous les états d'équilibre de la nature vivante. 
Le Trois est appelé Anima, (faussement traduit par "Âme"). Il désigne la multitude des individus et phénomènes. Sa logique est celle du principe d'identité et de contradiction exclue d'Aristote. Il  s'appelle Trois parce que la trilogie générale des hypostases se reproduit par analogie dans chaque structure individuelle,  à la manière de la récurrence des ensembles fractals.
 
Certains psychologues contemporains ou spécialistes de science cognitive redécouvrent ces principes en les désignant par des termes modernes. Ken Wilber, promoteur d'une psychologie et épistémologie intégrale, rappelait  dans "Les trois yeux de la connaissance" que Bonaventure, distinguait l'œil de la chair (les sens), l'œil du mental (la raison) et l'œil de l'esprit (l'intuition). Sternberg, auteur d'une "théorie triarchique de l'intelligence", reconnaît les trois grandes formes d'intelligence qui fonctionnent de manière intégrée: l'intelligence créative, l'intelligence analytique, et l'intelligence pratique.
 
Dualisme de l'acte de connaissance.
Les recherches de Jean Piaget sur l’apprentissage de l’enfant et celles de Francisco Varela ont établi que les connaissances  émergent de l’interaction du sujet avec les objets qu’il manipule (physiquement ou mentalement). Cette conception de la connaissance, le constructivisme, dément l’unilatéralité à la fois du cognitivisme des positivistes (réalisme naïf) et du structuralisme des linguistes idéalistes.
La connaissance est le tiers inclus ou l’interface entre un monde intérieur individuel et un monde extérieur global. Elle n'est pas un être mais une fonction, un devenir ou un événement qui fait coïncider sujet et objet. Ceci était connu des sagesses  antiques:
Dans le Samkhya-yoga, le monde connu émerge de l’interaction entre puruja, principe connaisseur et prakriti, principe connaissable.
Un commentaire du Yi King dit : "En examinant soigneusement et jusqu'au bout l'ordre du monde (extérieur) et en explorant la loi de leur propre nature intérieure, jusqu'u centre le plus secret, ils (les saints sages) sont parvenus à l'intelligence de la destinée"
La table d’émeraude hermétique dit:  "Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose. Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d’un, par la médiation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation."
 
Trilogie des structures du réel et de sa connaissance.
La trilogie des hypostases néoplatoniciennes n'est qu'une expression parmi d'autres d'une trilogie métaphysique universelle que l'on retrouve sous différentes formes et expressions dans la plupart des grandes religions ou cosmologies traditionnelles.  On connaît la trinité chrétienne qui se  rattache au néoplatonisme. Mais il y a aussi le trimurti hindouiste, le trikaya bouddhiste, le triskèle celtique etc. 
Le Taoïsme définit la trilogie par Yin, Yang et Qi. Leurs différentes proportions et relations duelles sont rassemblés dans les trigrammes Yi King. - Le Samkhya-yoga exprime les mêmes principes par les trois Gunas: tamas, principe de l’être, de l’inertie et conservation; - rajas, principe de transformation, de mouvement et de force; - sattva, principed’évolution, de création et de connaissance. – Dans les deux traditions la trilogie conduit à la théorie des éléments et à la pratique holistique de la médecine.
 
Les trois hypostases sont présentes et indissociables dans tout ensemble organisé, dans tout système, non pas de manière identique mais semblable, analogue. Elles s'expriment dans chaque contexte, dans chaque culture en termes différents. Afin d'exprimer leur nature universelle de la manière la plus abstraite possible, je les assimile aux causaliités classiques:
Le Trois,  l'hypostase des systèmes individuels perceptibles peut être nommé cause matérielle; 
Le Deux, l'hypostase des interactions intelligibles, peut être , compris comme cause efficiente; 
Le Un,  l'hypostase du possible et de la créativité peur être appelé cause formelle.
La cause finale n'est rien d'autre que la cause formelle spécifique au mental de l'homme, car les motivations ou volontés sont fondées sur l'apprentissage, l'expérience et la mémoire considérable accumulés par le cerveau humain durant sa vie.
 


La trilogie de l'auto-organisation.
Les trilogies traditionnelles se trouvent confirmées et expliquées par la science nouvelle des systèmes complexes, aussi appelée théorie du chaos.
 
Henri Atlan a découvert l'auto-organisation qu'il décrit dans "L'organisation biologique et la théorie de l'information". Il s'agit d'une technologie utilisée dans des transmissions d'informations (bits) et le cryptage où interviennent des "bruits" aléatoires de l'environnement: Il écrit dans sa conclusion:
"Les processus d'auto-organisation étant premiers par rapport à ceux de reproduction invariante, ces derniers jouent le rôle certes fondamental, mais second, de l'adjonction de mémoires aux mécanismes d'auto-organisation, capables d'arrêter et de figer ces derniers, de telle sorte que certaines étapes en soient conservées et amplifiées à moindre frais"
En clair, l'organisation biologique dont le cerveau est issu, comprend un processus d'adaptation par intégration d'informations "aléatoires" (indéterministes) de l'environnement, Cette auto-organisation conduit à des fonctions d'autorégulation circulaires, déterministes, fixées en mémoires.
L'indéterminisme des processus d'auto-organisation appartient à la première hypostase néoplatonicienne: l'intuition ou esprit. Le déterminisme des cycles d'autorégulation cybernétique appartient à la seconde hypostase des processus intelligibles.
 
Ilya Prigogine explique l'auto-organisation par la thermodynamique des systèmes complexe. Dans trois livres, dont le dernier s'appelle "La fin des certitudes", il explique l'organisation des "structures dissipatives" par les expériences, la formulation mathématique et la simulation par ordinateur. Les conditions indissociables et simultanées réunies pour permettre à un système d'évoluer vers une plus grande complexité, à l'inverse de l'entropie sont les suivantes



  • une structure complexe préexistante, comportant des "degrés de liberté";
  • un apport d'énergie qui rend le système instable, le met "loin de l'équilibre" thermodynamique. Cette situation est appelée "bifurcation" dans la théorie du chaos parce que plusieurs évolutions différentes sont également probables;
  • une "corrélation à longue portée", induite par les influences "aléatoires" qui ont le rôle d'informations de l'environnement.



On retrouve par analogie les trois causes: la structure comme cause matérielle, l'énergie comme cause efficiente et l'information comme cause formelle.
 
René Thom confirme dans sa théorie des catastrophes, que toute évolution passe par des bifurcations qu'il appelle catastrophes. En mathématique les bifurcations correspondent à des singularités indécidables telles que les divisions par zéro. Prigogine rappelle que les bifurcations correspondent aux singularités des équations. non intégrables de Poincaré et que celui-ci les attribuait aux résonances. Ceci conduit à expliquer la "corrélation à longue portée" par les interférences de la mécanique ondulatoire de Louis de Broglie.
 
 
Je termine cette introduction à l'épistémologie par la réflexion que les bifurcations, catastrophes ou singularités des systèmes complexes "falsifient" l'épistémologie évolutionniste deKarl Popper qui postulait une évolution continue de la science vers un progrès indéfini, échelonné par des "falsifications". La théorie des chaos donne raison, en partie au moins, aux critiques de son contradicteur Paul Feyerabend, auteur de "l'anarchisme épistémologique".
La physique contemporaine manque de bases épistémologiques valables. Elle reste figée par des dogmes, des postulats unilatéraux et incomplets, une logique rigide inadaptée et des dogmes fondés sur les erreurs d'interprétation qui en résultent.  
La vraie évolution de la science se fait dans l'ombre, dans l'anarchie constructive d'internet. Elle conduira à une "catastrophe" pour la "communauté scientifique" mais qui sera salutaire pour la science.
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Re: L'épistémologie, science de la connaissance

Message  patanjali le Dim 5 Oct 2014 - 14:27

Les trois aspects de la connaissance.
Il y a trois aspects indissociables de la connaissance: l'observation des phénomènes, l'interprétation rationnelle et causale du fonctionnement, et l'intuition ou imagination créatrice.


Pour plus d'explications: http://sys.theme.free.fr/1_logique.html#mozTocId759488
 
La science ne reconnaît que l'observation et l'interprétation selon ses théories devenant des lois, des dogmes.

 Insuffisance de la méthode hypothético-déductive.
La méthode scientifique empirique repose sur la vérification expérimentale des hypothèses par la méthode hypothético-déductive, suivant ses étapes bien connues: l'hypothèse ou théorie, sa prédiction, la conception de l'expérience, la vérification et la correction. Cette procédure souffre de plusieurs biais.
Le premier et le plus important est que la méthode ne prédit pas comment le chercheur parvient à formuler une hypothèse sur la base de l'observation.
Le second est que l'expérience est conçue spécifiquement pour vérifier une théorie déjà connue et ne fait rien découvrir de nouveau (à moins que l'expérience ne rate, ce qui arrive parfois: Michelson pour la relativiité, paradoxe ERP pour l'intrication quantique, Fleming pour la pénicilline).
Le troisième est dans la correction, lorsque l'observation contredit la théorie et qu'on ajoute simplement de nouvelles hypothèses pour consolider la théorie initiale. (exemples: la théorie RG consolidée par l'hypothèse de masse noire et la théorie du big bang consolidée par l'énergie sombre). Dans ce cas la théorie réfutée est donnée comme preuve des hypothèses adjointes
La méthode hypothético-déductive tourne en court circuit, lorsqu'elle ne tient pas compte de l'imagination créatrice qui permet une ouverture, une bifurcation vers de nouvelles conceptions.
 
L'imagination scientifique.
L'imagination est à l'origine de toute formalisation de théories. L'intelligence ou conscience fonctionne comme l'évolution biologique, et comme l'univers en général, selon les principes de l'auto-organisation décrits par Prigogine. Elle passe par une phase chaotique ou d'instabilité qui a le rôle de "bifurcation" avant de se cristalliser, souvent sous influence de quelque élément fortuit, autour d'une idée ou hypothèse.
Mais l'imagination n'est pas entièrement chaotique, elle est ordonnée par des principes premiers de la connaissance. Gerald Holton, physicien et historien de la science, a étudié et décrit le cheminement de la pensée des grands physiciens dans son livre "The scientific imagination". Il a constaté que l'imagination repose sur un petit nombre de thèmes groupés par ensembles dialectiques ou trialectiques.
Les cosmologies orientales connaissent ces principes sous forme de trilogies: le yin, yang et qi chinois et les 3 gunas indiens tamas, rajas et sattva, que je traduis respectivement par cause matérielle, cause efficiente et cause finale.
 
Exemples d'organisation ternaire.
Tout système stable repose sur ces trois principes  qui ne peuvent être appliqués que par analogie aux différents domaines de la connaissance. Voici des exemples
En linguistique: les trois constituant grammaticaux de toute proposition sont l'indice le plus évident et immédiat de la structure ternaire de la connaissance: les substantifs (au rôle de sujet ou objet), le verbe, et les qualificatifs, (adjectifs adverbes ou compléments).
En biologie: métabolisme, système nerveux et système génito-immunitaire sont des fonctions issues de 3 feuillets embryologiques endoblaste, ectoblaste et mésoblaste.
En sociologie: les trois états traditionnels: peuple, aristocratie et clergé sont devenus les trois pouvoirs de lEtat démocratique: législatif, exécutif et judiciaire.
En économie: l'équilibre entre le marchés du travail, le marché des finances et le marché de consommation et d'investissement devrait assurer la stabilité. Actuellement la domination absolue du marché des finances provoque l'instabilité et la crise.
En physique :
En thermodynamique non linéaire de Prigogine: les conditions sont  les structures complexes, l'apport d'énergie qui conduit à l'instabilité, et la corrélation sous influence d'informations de l'environnement.
En mécanique ondulatoire selon Ivanov, les postulats  sont: l'espace milieu d'onde, la propagation d'ondes, les interférences d'ondes.

Ce sont les interférences d'ondes, les résonances, qui selon Prigogine conduisent à l'auto-organisation. Ivanov consacre un chapitre à l'auto-organisation (lien)qui s'effectue par corrélations des phases d'oscillateurs multiples formant des structures spatiales: la matière.
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