Mythes et pensées chez les grecs

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Mythes et pensées chez les grecs

Message  solasido le Mar 23 Aoû 2016 - 21:55

Bonjour à tous



Les dangers des idées

Tout cela fait un livre profondément suggestif, rempli d’idées, soutenu par une doctrine ferme, parsemé de formules frappantes.

Cela veut-il dire qu’on le suive toujours sans réserve ? L’écrivain apporte trop d’idées neuves pour pouvoir imaginer, ou même souhaiter, un tel résultat. Aussi n’est-il pas sans intérêt, après la lecture de ce livre, qui est, dans une certaine mesure, un programme, de se demander quels sont les risques qui peuvent guetter le chercheur au long des deux voies que lui ouvrent la méthode ou les thèses mêmes, et quels sont les écueils susceptibles de faire naître, ici ou là, des réserves.





Spoiler:


Le premier de ces risques s’attache à la nature des rapprochements établis. Ces rencontres imprévues, ces correspondances soudaines sont elles toutes également légitimes ? L’auteur ne se départit jamais de son esprit critique, il sait utiliser un témoignage, ou une hypothèse, sans en méconnaître l’incertitude ; il sait suggérer une relation sans lui donner une précision qui serait contestable. Des fois, cette prudence crée un malaise.



Les disciplines platoniciennes, par exemple, sont comparées à celle du yoga, les Purifications d’Empédocle évoquent le tonnelet de Zeus Ctésias ; mais on ne nous dit pas la nature exacte du rapport, qui n’est peut-être qu’assez lâche. Aussi bien, on passe d’un rapport à l’autre, avec une aisance qui déroute : c’est ainsi que, dans la belle étude sur Hestia et Hermès, on passe des rites des amphidromies, où l’enfant est porté autour du foyer, à ceux où il est placé sur le sol devant le foyer, de là à ceux où il est placé à même le sol n’importe où, puis à ceux où il est exposé parce qu’abandonné : le foyer est feu, puis sol, on y est, on s’en écarte ; la gerbe de rapprochements éblouit ; mais est-on certain de n’avoir jamais lié entre eux des faits de nature différente ?



On entend bien qu’une telle marge d’incertitude est plus ou moins inévitable en un tel domaine, surtout quand il s’agit d’étude nécessairement rapide. Il est cependant des cas où l’on aimerait voir l’auteur préciser un peu plus la nature des rapports dont il pose l’existence. Et cela est vrai, à notre avis, même du rapport, évidemment fondamental, qu’il établit si fortement entre l’ordre politique et l’ordre intellectuel. Quel est-il et pourquoi ? Faut-il croire que le savoir s’est désacralisé « parce que » la vie sociale l’avait fait, ou bien que savoir et vie sociale relèvent d’une « unité d’atmosphère intellectuelle » et d’une « même aspiration »? La première formule est plus saisissante : ne comporte-t-elle pas une part d’à priori ?


Mais par là nous arrivons déjà au second aspect du livre, à ses thèses mêmes.

Ici encore, il faut le dire, on doit être, en gros, d’accord avec les différences relevées par l’auteur. Le recul qu’il nous propose est légitime : «  L’homme grec n’est pas l’homme d’aujourd’hui et les analyses du livre cernent bien ce qui le distingue ». Mais alors, dira-t-on, pourquoi parler d’accord « en gros » ? Parce qu’ici encore le talent même de l’auteur risque d’engager ses lecteurs plus loin qu’ils ne voudraient.

Sources


Bien à chacun et à tous

Souriante journée

Merci beaucoup
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solasido

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