L'Eden, Adam et Eve

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L'Eden, Adam et Eve

Message  Freya le Sam 28 Jan 2017 - 21:03

Le mot Eden vient du sumérien Edinu qui signifie la plaine ou la campagne. A Sumer, on appelait gan un champ cultivé qui en akkadien, la langue diplomatique de l’Egypte pharaonique, devint  Gannatu, le parc, qui fut reprit ultérieurement par les Hébreux qui appelleront le Paradis le Gan Eden, et pour eux, ce Gan-Eden est le jardin mythique où le seigneur aurait placé Adam et Eve. A noter qu’en langue hébraïque, le mot Eden a un sens de volupté, de plaisir et de félicité. Cependant, selon les traditions sumériennes, l’Eden était appelé Nidduki (dilmun en akkadien), avait un sens de soleil, de lumière et de gloire, et se situait dans le Golfe Persique à Ka-Lu-Ma (le Pays des Dattes), aujourd’hui Dilmun.


La similitude entre le concept sumérien et sa transcription sémitique détournée peut paraître surprenante du moins à première vue. L’un des mythes sumériens les mieux conservés, raconte un panégyrique de Dilmun, en tant qu’île et ville affranchie de la maladie et de la mort, bien arrosée d’eau douce, aux récoltes abondantes, l’union de la « mère du pays », la Grande Déesse Nin-hour-sag-ga (« la dame de la montagne » où la nature manifestait ses pouvoirs de fécondités sur les pentes verdoyantes au printemps) avec Enki, dieu de la Sagesse et de l’Eau. Leur fille Ninnu, la végétation qui donna elle-même naissance à une autre déesse, Ninkourra, engendrée elle aussi par Enki. Poursuivant ces rapports incestueux, Enki engendra la déesse Uttu, née de sa petite-fille qui, en dépit de l’avertissement donné par Ninhoursaga, celle-ci succomba à son tour aux avances d’Enki qui lui offrit des concombres, des pommes et du raisin, probablement un cadeau nuptial. Il n’en résulta pas la naissance d’une 4e déesse, mais Ninhoursaga fit pousser huit plantes qu’Enki se hâta de manger. Furieuse, la Grande Déesse le maudit et disparut. Alors, puits et rivières se tarirent et Enki commença à dépérir. Le Renard intervint auprès de la Grande Déesse compatissante et réussit à la ramener à Dilmun où elle guérit Enki en l’aidant à mettre au monde huit divinités, une pour chaque partie malade de son corps. Enki fixa alors le sort de ces huit dieux dont le premier fut Enshag « Seigneur de Dilmun ».

 
Enki et Ninhoursaga

Les motifs de ce mythe sont si nombreux qu’il est impossible de lui assigner un but précis. Néanmoins, il avait pour objet principal d’expliquer l’origine des fils d’Enlil et de déterminer leurs diverses natures dans le cadre agricole familier du sol rendu fertile par l’eau douce qui jaillit de terre sur le commandement d’Enki, personnifiant aussi bien l’eau des rivières que l’eau de la mer. C’est donc une tentative d’explication pour la fertilité de Dilmun, paradis terrestre se situant au sud-ouest de l’Iran, sur la côte orientale du Golfe Persique.
En ce qui concerne la création de l’homme selon la tradition sumérienne, le dieu Enki (dieu de la Sagesse et de l’Eau) dormait lorsque sa mère le réveilla pour lui demander de façonner l’humanité avec l’argile des rives de l’Apsu (l’océan primordial et souterrain d’eau douce), ce qu’il réalisa avec l’aide de la déesse Ninmah (La Grande Dame). A l’initiative d’Enki, c’est elle qui donna le souffle vital aux premiers hommes qu’il venait de créer.


Uttu, fille d'Enki
***

Le récit yahviste et élohiste de la Genèse (II, 4-25) antérieur à l’exil, laisse moins paraître l’arrière-plan mésopotamien. Le monde est présenté comme un désert stérile après que Yahveh-Eloim eut fait le ciel et la terre. L’activité du créateur se concentre sur le jardin « planté du côté de l’Orient », lorsqu’il fait descendre un brouillard sur le sol ou monter une vapeur ou une source d’en bas (Cf. Job XXXVI : 27) afin de le rendre fertile et habitable pour l’homme qu’il façonne avec de la poussière et met en vie par une insufflation dans les narines. Aucune mention de « l’abîme » liquide ou tehôm, comme dans l’épopée babylonienne et dans le récit sacerdotal ultérieur. Tout au contraire, le monde était stérile à l’origine, parce qu’il se trouvait dépourvu d’humidité, de sorte que rien ne poussait sur le sol parcheminé. Il s’agit là d’une conception palestinienne, le pays dépendant uniquement des pluies pour ses récoltes. Le sol devait donc être irrigué avant que le créateur pût commencer ses opérations.
Ceci fait et le jardin planté, l’espèce humaine reçut l’existence d’une manière très analogue à celle du dieu-bélier égyptien Khnoum, (dieu de l’eau à l’origine, son bélier devint « l’âme vivante de Rê)  qui modela l’homme sur son tour de potier et à celle du Prométhée phocidien (Pausanias, X, 4, 4) tandis qu’Ea, selon Bérose (prêtre-astronome chaldéen, qui écrivit une histoire grecque sur Babylone dans la première moitié du IIIe siècle av. notre ère.), mélangea dans ce but, le sang de Kingu, rebelle mis à mort, à la terre  (éternel combat entre la vie, la mort et la résurrection de la végétation) (EUSEBE, Chronicon, éd. Par A. Schoene, vol.  I, 1875, Col. 16). Ninhoursaga est-il également dit, répéta le procédé avant et après le Déluge, en mélangeant à l’argile, la chair et le sang d’un dieu tué. L’argile fut de même employé dans la création d’Enkidu et pour certains types particuliers, les eunuques par exemple, dans certaines traditions sumériennes. Dans le récit biblique, Adam, nom en rapport avec le mot signifiant « sol » (adamah), fut moulé en argile par le créateur qui le plaça dans le jardin pour le cultiver et le garder. Prenant pitié de sa solitude, Yahveh décida alors de lui fournir des compagnons et créa les animaux qui ne donnèrent pas satisfaction, Adam ne « trouvant pas d’aide semblable à lui ». Plongeant Adam dans un sommeil hypnotique, il lui prit une côte et en forma la première femme, Eve. Vint ensuite le récit de la chute de l’homme et de son expulsion du jardin après qu’ils eurent mordu dans un fruit défendu, à l’instigation du serpent, épisode hyper connu et mensonger qui fut l’un des plus meurtriers de toute l’histoire !



Dans ce mythe, deux traditions palestiniennes se combinent : celle concernant la fertilisation du monde stérile et celle du paradis commençant par la plantation du jardin et la description de sa situation (Gen. 11,Cool, à laquelle peuvent avoir été ajoutés des détails topographiques au sujet des rivières supposées en découler (Gen. II, 10-14), avec leurs caractères mésopotamiens. En fait, tout cet épisode de l’Eden suggère des influences et des affinités mésopotamiennes contrastant avec le décor essentiellement palestinien des premiers versets (Gen. II, 2-7). Ceux-ci appartiennent apparemment au très ancien mythe cananéen de la création des déserts sans eau, inséré dans celui du paradis terrestre, alors que la montagne des dieux ou le prince de Tyr habite, parmi tout un arroi de d’agents magiques, générateurs de vie (Ezech. XXVIII : 1-4) offre un autre exemple du flottement de la tradition.

Le rédacteur yahviste utilisa un certain nombre de mythes empruntés aux sources les plus diverses dont certaines avaient superposé des contacts mésopotamiens à l’arrière-plan palestinien. Les récits sur la création furent habilement fondus en une narration composite par le Yahviste et interprétés, en relation avec la foi et les pratiques hébraïques de la période des prophètes, antérieure à l’exil, en terme de monothéisme éthique. Beaucoup des anthropomorphismes naïfs et des éléments magiques de ces anciens mystères survécurent. La divinité qui façonna l’humanité avec de l’argile et l’os d’une côte mais, de la pomme et de la soi-disant « faute » d’Eve, nous n’en avons trouvé trace nulle part ailleurs !! Par contre, les anciens papyri de la bibliothèque de Nag Hammadi, nous apprennent tout autre chose à propos d’Eve…

***


Papyri de la bibliothèque de Nag Hammadi

La bibliothèque de Nag Hammadi (Egypte), ensemble de treize codex de papyri, les plus anciens connus, contiennent une cinquante de traités écrits en langue copte. Ce sont donc des écrits dits gnostiques mais, qui comportent également des textes de la tradition hermétique dans la lignée du Corpus Hermeticum, ainsi qu’une traduction partielle de La République de Platon. Nulle part dans ces textes il n’est question de « péché originel », etc., etc. !
Dans l’Apocalypse d’Adam (NH V,5), cinquième et dernier texte du codex V de Nag Hammadi. Ce codex contient également l'Épître d'Eugnoste le Bienheureux, l'Apocalypse de Paul, et les deux Apocalypses de Jacques. La langue de ce texte est le sahidique, un dialecte copte traduit d’un texte original grec. Et non seulement Eve est la mère et non la compagne d’Adam, mais encore, la déesse Mère-Matrice de l’Humanité !

…« Ce texte présente comme une révélation donnée par Adam à son troisième fils, Seth, juste avant sa mort. Cette révélation entend enseigner à Seth le déroulement de l'histoire de l'humanité depuis la création du premier couple "dans la gloire" (64,1) jusqu'au jugement final. La première partie de cette révélation (64,1-67,14) se retrouve souvent dans les écrits gnostiques et surtout séthiens. Les auteurs gnostiques ont récrit l'histoire de la création en utilisant les grandes lignes et les structures du récit de la Genèse mais en la réinterprétant et en modifiant certains épisodes. Cette partie concerne la soumission d'Adam et Ève au Dieu qui les a créés mais qui est cependant inférieur à eux; car tous deux sont issus d'un monde supérieur, et leur essence divine précède leur création matérielle par ce Dieu. Toutefois, ce Dieu les sépare, leur fait oublier leur véritable origine et leur fait perdre leur gloire, alors ils le servent "dans la crainte et l'esclavage" (65,20). Adam est tiré de son oubli par trois hommes venant du royaume supérieur, mais ce réveil n'est pas suffisant et il est puni pour son manque de loyauté vis-à-vis du Dieu qui l'a créé. Ce Dieu engendre un fils avec Ève, et Adam est affligé d'un "doux désir" pour elle (67,4). La seconde partie de la révélation (67,14-85,30) concerne les événements à venir, qui ont été révélés à Adam par les trois hommes. Les thèmes principaux sont les tentatives répétées du Dieu créateur de supprimer la progéniture de Seth (qui, de par sa nature, lui est étrangère). Le principal motif est de permettre la réécriture et la réinterprétation de la Genèse. Les différents cataclysmes qui prennent place dans le récit sont décrits comme permettant au Dieu créateur de détruire la semence de Seth. Malgré cela, ses tentatives sont continuellement repoussées par des anges glorieux qui viennent au secours des victimes. Le récit est ponctué par les trois passages d'un illuminateur, dont la manifestation diffère à chaque fois et dont l'identité demeure voilée, et qui vient révéler à la progéniture de Seth la vraie situation. Chaque passage de l'illuminateur est suivi d'un déchaînement de fureur de la part du Pantocrator, symbolisé successivement par le déluge d'eau et de feu et la persécution du troisième illuminateur. Mais chaque épreuve est aussi accompagnée d'un salut pour les élus de la gnose, ceux qui auront su reconnaître les envoyés d'en haut et résister à l'emprise du Démiurge et à son esclavage dans la crainte de la mort. Le châtiment du troisième illuminateur dans sa chair, malgré la tradition séthienne, a pu être assimilé à la passion du Christ par les gnostiques chrétiens. Ce châtiment, suivi du trouble des treize royaumes de la terre et du combat eschatologique, débouchera sur le jugement final par lequel se clôt le traité. » Traduction du Professeur Françoise Morard qui connait parfaitement les données de la révélation chrétienne :

https://www.naghammadi.org/wp-content/uploads/2015/04/Apocalypse-dAdam-r%C3%A9sum%C3%A9.pdf

Voici un court extrait de la traduction du texte de la bibliothèque de Nag Hammadi qui nous révèle qui était véritablement Eve, la mère d’Adam et non sa compagne !! La traduction est due au Professeur en titre de l'Université Laval, Québec, Canada, Louis Painchaud, et le titre du texte est : L’Ecrit sans Titre ((NH II, 5 et XIII, 2 et Brit. Lib. Or. 4926[1]).
« … Ève est donc la première 5 vierge, elle qui, sans mâle, a engendré pour la première fois ; c’est elle qui s’est soignée elle-même. C’est pourquoi on rapporte à son sujet qu’elle a dit :
C’est moi la partie de ma mère
Et c’est moi la mère
C’est moi la femme
C’est moi la jeune fille 10
C’est moi la femme enceinte
C’est moi la sage-femme
C’est moi la consolatrice des douleurs de l’enfantement
C’est mon époux qui m’a engendrée
Et c’est moi sa mère
Et c’est lui mon père et mon seigneur
C’est lui ma force
Ce qu’il veut, il le dit clairement
Je nais 15
Mais j’ai enfanté un homme seigneurial.

Un autre extrait du même document :
…« Le quarantième jour cependant, Sagesse-Vie envoya son souffle sur Adam, qui était sans âme. Il se mit à se mouvoir sur la terre 15 mais ne put se lever. Or quand les sept archontes vinrent et l’aperçurent, ils furent très troublés. Ils s’approchèrent de lui et le saisirent. Et il dit au souffle qui était en lui : « Qui es-tu ? » et 20 « D’où jusqu’ici ? » Il répondit : « C’est de la puissance de l’homme que je suis venu pour la destruction de votre ouvrage ». À ces mots, ils le glorifièrent parce qu’il leur avait donné le repos de la crainte et du souci dans lesquels 25 ils se trouvaient. Alors ils appelèrent ce jour-là « repos » car ils se sont reposés d’un labeur. Mais quand ils virent qu’Adam ne pouvait pas se lever, ils se réjouirent. Ils le prirent, le placèrent dans le paradis et se 30 retirèrent dans leurs cieux. Après le jour du repos, Sagesse envoya Vie, sa fille appelée Ève, comme instructrice pour qu’elle fît se lever Adam — celui qui est sans âme — 35 afin que ceux qu’il engendrerait devinssent des réceptacles pour la lumi[ère]. [Quand] 116 Ève vit sa co-ressemblance gisante, elle en eut pitié et dit : « Adam, sois vivant, dresse-toi sur le sol. » Sa parole se réalisa sur-le-champ et Adam, s’étant 5 levé, ouvrit aussitôt les yeux. L’ayant aperçue, il dit : « Toi, on t’appellera “mère des vivants” car c’est toi qui m’as donné la vie. » On apprit alors aux autorités que la créature qu’elles avaient façonnée était vivante et s’était dressée. Elles 10 furent très troublées et envoyèrent sept archanges pour voir ce qui s’était passé. Ils s’approchèrent d’Adam. Quand ils aperçurent Ève parlant avec lui, ils se dirent entre eux : « Qui est cette femme de lumière ? C’est bien à cette forme qui nous 15 est apparue dans la lumière qu’elle ressemble. Allons donc, emparons-nous d’elle et éjaculons en elle notre semence, de sorte qu’étant souillée, elle ne puisse plus remonter dans sa lumière ; en outre ceux qu’elle engendrera nous seront soumis. 20 Toutefois, ne disons pas à Adam qu’elle n’est pas issue de nous, mais faisons tomber sur lui un sommeil et instruisons-le dans son sommeil, de sorte qu’il croie que c’est de son côté qu’elle est issue, afin que la femme soit soumise 25 et qu’il la domine. » Ève, qui est puissante, se moqua de leur dessein. Elle obscurcit leurs yeux, plaça subrepticement son sosie auprès d’Adam, entra dans l’arbre de la connaissance et y demeura. 30 Ils la suivirent. Elle leur parut être entrée dans l’arbre, s’être faite arbre. Pris d’une grande crainte, ils s’enfuirent, aveugles. Puis, recouvrant leurs sens, ils s’approchèrent 35 d’Adam et voyant ce sosie d’Ève 117 près de lui, ils se hâtèrent, croyant que c’était la véritable Ève. »…

https://www.naghammadi.org/wp-content/uploads/2015/04/NH-II-5-%C3%89crit-sans-titre.pdf

***



En Sibérie Orientale, le peuple des Yacoutes (Répubique de Sakha, Russie) se transmettent de génération en génération, une légende qui rappelle la fin du texte ci-dessus et qui dit que l’homme primordial vivait auprès de l’Arbre de la Connaissance. Mais comme sa naissance était récente, il s’interrogeait sur son origine. Une femme dénudée jusqu’à la taille surgit alors du tronc pour lui annoncer qu’il sera l’ancêtre de l’humanité. Elle allaita alors l’homme afin que celui-ci put grandir en décuplant ses forces. Une autre version de cette légende raconte qu’il arrive que le Roi des Arbres laisse occasionnellement émerger depuis ses racines et jusqu’à la taille, une femme âgée à la poitrine généreuse et aux cheveux couleur de neige. Reconnue en Yakoutie comme la Grand’Mère Ayisit, elle est aussi appelée Umay en Altaï et en Kirghizie. Cette déesse est également connue en Occident sous le nom de Dryade (Jardin des Hespérides, etc.) mais sous l’apparence d’une belle jeune fille.

***

Finalement, si les versions sumérienne et hébraïque s’accordent pour placer la création de l’homme en dernier, elles n’attribuent pas les mêmes raisons à son existence : pour le service des dieux dans la première, pour être le maître de la terre dans la seconde.

Et pour conclure, voici ce que dit Gwendolyn Leick de l’Université de Chicago :
«  Il y a un remarquable manque de communication entre les spécialistes qui planchent sur leurs tablettes et le grand public. La pression de la vie académique contemporaine rend ce rôle de médiation et de communication encore plus difficile. En conséquence, la plupart des informations phénoménales de l'une des plus grandes civilisations reste confinée au monde fermé des sumérologues et des exégètes bibliques ».

Pour ceux que cela intéresse, voici la liste des textes traduits de la bibliothèque de Nag Hammadi (il suffit de cliquer sur le titre souligné pour accéder au document choisi) :

https://www.naghammadi.org/traductions-2/

N.B. : Le mythe étiologique sur les origines de la création et de l’homme est inscrit sur deux tablettes sumériennes qui se trouvent l’une au Louvre et l’autre au musée de l’Université de Philadelphie (USA).


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Re: L'Eden, Adam et Eve

Message  Freya le Lun 30 Jan 2017 - 18:58


Conclusion


Pour les Sumériens l’Homme a été créé pour le service des dieux et pour les Hébreux pour être le maître du monde. De nos jours, nous ne pouvons que constater les conséquences d’une telle aberration…

Mensonge dogmatique, il n’y a jamais eu ni serpent ni péché de la femme, Eve étant non la compagne mais la mère d’Adam et la Mère-Matrice de l’Humanité !

Dans la Genèse 1 : 28, Dieu bénit Adam et Eve et leur aurait dit : « Croissez, et multipliez, et remplissez la terre ». Alors comment auraient-ils pu se multiplier sans l’acte d’amour ? Nous passons ici du matriarcat sumérien au patriarcat hébraïque. Selon Saul de Tarse, avocat de son état et d’Augustin dit saint (354-430), débauché sexuel repenti, qui a formalisé puis durci encore la doctrine de Saul de Tarse (Ad Simplicianum) concernant la fameuse « faute » qui serait retransmise, pure répétition, de génération en génération par l’acte d’amour... Voici donc l’humanité dans sa majorité, contrainte de subir l’immoralité de ce châtiment et nos aïeux de survivre à la sauvagerie, voire aux carnages, que les  prêtres des trois grands monothéismes, vont déclarer aux femmes. Les temps où nos aïeux voyaient leur vie intime strictement régie par les décrets ecclésiastiques et menacés d’excommunication ou même du bûcher s’ils ne s’y conformaient pas, ne sont pas si lointains. Et que dire des vies de malheur endurcies par les mères célibataires, les femmes divorcées et leurs enfants... Il y a soixante-dix ans encore, une veuve ne se remariait pas (ou seulement exceptionnellement), car Tertullien, obsédé par la chasteté, avait écrit essentiellement dans le Contre Marcion, l’Ad uxorem, le De exortatione castitatis et le De monogamia, qu’il exhortait les veuves et les veufs à ne pas se remarier. Et pour Tertullien, monogamia signifiait « union unique non renouvelable ». En conséquent, un bigame était aussi un homme veuf qui s’était remarié !  Affirmations doctrinales donc. Pourtant, cette sexualité que l’Eglise avait jugé si sale et si honteuse, faisait jusqu’à récemment encore, la délectation des prêtres dans leurs confessionnaux !

Quant à remettre en question ce texte mythique de l’Eden dans la bible, i.e. reconnaître qu’il n’y a jamais eu de péché originel et supprimer la culpabilité, cela ne se verra probablement jamais tant que survivront les trois grands monothéismes, aussi bien de la part du pape, que des imams et des rabbins pour la simple raison qu’ils perdraient leur pouvoir de coercition sur les femmes en particulier. Si tel était le cas, les imams devraient avouer aux musulmanes qu’Eve n’a jamais « péché » et qu’elles peuvent laisser tomber leur voile ; les rabbins devraient ouvrir les portes des synagogues aux femmes, etc. Quant au pape, le titre de Grand Inquisiteur existe toujours et le dernier en date à le porter n’est autre que le pape Benoit XVI alias cardinal Joseph Ratzinger ! Et Inquisition = essentiellement tortures et massacre de femmes (car selon l’Eglise, « tout le mal vient de la femme » allusion à Eve…) et d’hérétiques ! Voici ce qu’il a dit lui-même à propos de son titre de Grand Inquisiteur : «L’expression «Grand inquisiteur» représente une classification historique. Quelque part nous sommes dans cette continuité. Nous essayons cependant de faire aujourd’hui à partir de notre conscience de la justice ce qui a été fait dans le passé avec des méthodes en partie critiquables. Il faut cependant dire que l’inquisition a été un progrès, car plus personne ne pouvait être jugé sans un inquisitio, c’est-à-dire sans qu’il y ait eu un examen, une enquête.» (Déclaration du cardinal Joseph Ratzinger, dans l’émission Contrastes du 03/03/2005 sur la chaîne de télévision allemande ARD, à propos de son titre de «Grand Inquisiteur moderne». Quelques semaines plus tard il fut élu pape.) Donc, jamais l’Eglise ne reniera son passé d’intolérance sanglante. Non, l’Eglise n’a pas évolué et jamais elle n’abandonnera ses prétentions de jadis, car si elle a pu établir l'Inquisition c’est en vertu d'un double droit : celui de la défense et celui de la coercition. Aussitôt qu’elle le pourra, elle ramènera l'Inquisition car elle ne fera qu’user de son droit, celui de la coercition, et si pour le moment elle ne le fait pas, c’est qu'elle ne le peut pas ! Il n’est pas question ici de faire le procès de l’Eglise, mais tout homme doit comprendre que l'intolérance et le fanatisme sont néfastes parce qu'ils finissent toujours par aboutir aux pires violences et aux pires sortes de tyrannies, et ce sont toujours les femmes et les enfants qui en paient le plus lourd tribut.
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