De la post-modernité à la post-vérité

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De la post-modernité à la post-vérité

Message  patanjali le Ven 7 Avr 2017 - 12:18

Wikipedia explique que  « les expressions ère post-vérité  ou ère post-factuelle sont utilisées pour décrire l'évolution des interactions entre la politique et les médias au XXIe siècle. » et cite :
"Selon le politologue Alain de Benoist, le terme apparaît aux États-Unis dans le sillage de la « French Theory » au début des années 1990, lorsque des auteurs comme Michel Foucault ou Jacques Derrida commencent à discréditer la notion de vérité comme un « grand récit » auquel il n'est plus possible de croire. Sur cette lancée, des journalistes pensent possible de s’affranchir de leur devoir de neutralité face aux événements"

Philippe Grasset, dans un article de Dedefensa écrit que le mot post-vérité est utilisé pour attaquer aujourd’hui péremptoirement tout ce qui est antiSystème mais que paradoxalement  ce concept a été inventé par l’école philosophique française des “déconstructeurs”, Foucault, Deleuze, Derrida, etc. C’est-à-dire qu’il est tout à fait vertueux-Système à l’origine. Il  reproduit un article de l’académicien Andrew Calcutt  paru d’abord sur le site conversation.com le 18 novembre 2016, sous le titre « L’origine surprenante de la post-vérité  - et comment elle a été reproduite par la gauche libérale » et repris par Newsweek le 21 nov 2016.

Andrew Calcutt commence par rappeler que le terme "post-truth"a été annoncé comme le mot international de l'année Oxford Dictionaries. Il est largement associé aux  extravagances du président élu américain Donald Trump et aux « lamentables » qui ont voté pour lui. Mais la responsabilité de l'ère «post-vérité» incombe aux professionnels qui ont préparé la piste pour son décollage. Les responsables comprennent les universitaires, les journalistes, les «créatifs» et les commerçants financiers.
citations:

Le 16 novembre 2016, Oxford Dictionaries a annoncé que « post-vérité» avait été choisi comme le mot qui, plus que tout autre, reflète «l'année de la langue». Il définit «post-vérité» comme «relative à des circonstances où les faits objectifs sont moins influents dans la formation de l'opinion publique que les appels à l'émotion et à la conviction personnelle ".

Il y a plus de 30 ans, les universitaires ont commencé à discréditer la «vérité» comme l'un des «grands récits» auxquels les gens intelligents ne pouvaient plus croire. Au lieu de «la vérité», qui devait être rejetée comme naïve ou Répressive, une nouvelle orthodoxie intellectuelle ne permettait que des "vérités" - toujours au pluriel, souvent personnalisées, inévitablement relativisées.
Selon les termes de cette perspective, toutes les réclamations sur la vérité sont relatives à la personne qui les fait; il n'y a pas de position en dehors de nos propres préoccupations pour établir la vérité universelle. C'était l'un des principes clés du postmodernisme, un concept qui a été abordé dans les années 80 après la publication de The Postmodern Condition: A Report on Knowledge de Jean-Francois Lyotard en 1979. À cet égard, pour autant que nous soyons postmodernes, Nous avons préparé la scène pour une époque «post-vérité».

Et ces attitudes se répandent rapidement dans une société plus large. ..

Au milieu des années 1990, les journalistes suivaient les universitaires en rejetant l'objectivité comme rien de plus qu'un rituel professionnel. Les journalistes de l'école ancienne qui continuaient d'adhérer à l'objectivité comme leur principe organisateur ont été accusés de tromper le public et se tromper en même temps. ...
Ce changement ne s'est pas limité à la minorité qui a embrassé le célèbre «journalisme de l'attachement»…soutenant l'idée que les journalistes devraient répondre personnellement à l'événement. ...Sous le drapeau du pragmatisme, le consensus professionnel a permis une version amoindrie de la vérité, largement équivalente au relativisme académique.

Pendant ce temps, l’économie devint  « créative » ...

Au cours de la seconde moitié des années 1990, le marketing constituait l'activité principale des «industries créatives» nouvellement classées… Tout au long de la seconde moitié des années 1990 et dans le nouveau siècle, il y a eu une discussion optimiste sur une «nouvelle économie», stimulée par l'expansion de la technologie et de l'Internet. Il était apparemment basé sur toute une génération d'«analystes symboliques» - le terme de Robert Reich pour les travailleurs qui composent les économies créatives et de la connaissance ...

La post-vérité politique

Mais le domaine politique a également connu des développements parallèles,  les politiciens étaient également alignés sur la tendance vers la "post-vérité". Aux États-Unis, Bill Clinton a initié la transformation de la politique en "showbiz for uglies" (spectacle pour lamentables)
Alors que les protagonistes se rapprochaient du rôle d'un prêtre ou d'une pop star dans leurs spectacles presque mythiques, la triade Clinton-Blair-Obama a éloigné la politique de la vérité, plus proche du domaine de l'imagination.
Le mot post-vérité comme le mot complotiste sert à inverser la vérité en mensonge et le mensonge en vérité. Inventée par des philosophes français “déconstructeurs” la post-vérité nous revient sous sa forme américaine, médiatique, financière, et politique dans la campagne présidentielle française. Tous les candidats adhèrent plus ou moins à la post-vérité atlantiste européiste et otanesque sauf un qui est  réaliste et donc « complotiste ».
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