De la résurrection des corps

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De la résurrection des corps

Message  Freya le Ven 16 Juin 2017 - 17:13

Comment l’Eglise a-t-elle pu en arriver à une telle ineptie ? Il nous faut remonter le cours de son histoire pour trouver l’enseignement primitif de l’Eglise.

Depuis treize siècles, l’Eglise s’obstine à ne voir dans l’homme que l’union d’un corps et d’une âme, sans plus. Pourtant, Shaoul ou Saul (dit ultérieurement Paul) de Tarse (Cilicie), fils d’un citoyen romain et d’une juive issue d’une famille pharisienne de la Diaspora dépendant de la famille de Benjamin, véritable fondateur du christianisme et son principal propagateur, avocat et homme particulièrement cultivé pour son époque, a dit : « Tout ce qui est en vous, l’esprit (pneuma), l’âme (psyché) et le corps (sôma) …» (Thess. V, 23). Selon Saul de Tarse, l’homme serait donc constitué de trois parties et non de deux comme le soutient l’Eglise. C’est lors d’un séjour à Damas qu’il comprit comment réaliser le syncrétisme des diverses doctrines en cours aussi bien en Samarie que dans les contrées où les juifs étaient dispersés (il y fera allusion plusieurs fois dans les Actes des apôtres et dans les Epîtres). Il est curieux de constater comment peu à peu, cet enseignement primitif de l’Eglise a été perdu ou oublié. Si aux premiers siècles du christianisme la question de l’existence du corps subtil de l’âme et de l’esprit a été résolue partout dans le sens de l’affirmative, de nos jours, les membres du clergé ou théologiens pour la plupart, n’y voient qu’une hypothèse bizarre.

Ailleurs, Saul de Tarse (40 de notre ère) s’exprime pourtant clairement sur le sujet de la résurrection : « Il (l’homme) est semé corps vital (psychicon, âme), il ressuscitera corps spirituel (pneumaticon, esprit), car il y a un corps vital comme il y a un corps spirituel, comme il est écrit : le premier homme (l’être humain qui vient de naître), comporte une âme vitale, le dernier (l’homme qui après la mort se rapproche de la Divinité) existe comme esprit vivifiant » (I. Cor. XV, 44-46).

Alors comment cette notion de résurrection primitive a-t-elle pu se perdre ?
De manière générale, tous les auteurs sans exception partagent l’avis de Saul de Tarse :

Au IIe siècle de notre ère, Origène octroie à l’esprit une apparence vaporeuse puisque, écrit-il, le mot immatériel représente une chose absolument inconnue.
Au IIIe siècle de notre ère, Tertullien le Tunisien nous dit : « La corporalité de l’âme – et non de l’esprit (pneuma) lui-même dans l’Évangile, car si l’âme n’avait pas un corps, l’image de l’âme n’aurait pas l’image du corps » (De animâ, VII-IX).
Au IVe siècle de notre ère, Hilaire de Poitiers est également explicite dans ce sens : « Il n’y a rien dans les substances et la création, soit dans le ciel, soit parmi les choses visibles, soit parmi les invisibles, qui ne soit corporel. Même les âmes, soit pendant la vie, soit après la mort, conservent quelque substance corporelle parce qu’il est nécessaire que tout ce qui est créé soit dans quelque chose (Canon 5, in Math.) ».
Au IVe siècle toujours, Basile de Césarée est bien moins précis bien qu’il reconnaisse que : « leur substance (des âmes) est un souffle aérien (spiritus puto est aerius) et c’est pourquoi elles sont dans un lieu et se montrent à ceux qui en sont dignes, dans l’image de leur propre corps » (Liv. du S. Espr. XVI).
Cyrille de Jérusalem (IVe siècle) attribue aux âmes des défunts des corps plus subtils que les corps physiques terrestres (Cat. XII, 14. – Cat. XVIII, 19, etc.). Ailleurs (Cat. XVI) il dit clairement : « Le nom d’esprit est générique et commun ; on appelle généralement esprit tout ce qui n’a pas un corps épais et pesant.
Ambroise (IVe siècle) affirme la même chose : « Ne nous imaginons pas qu’aucun être soit exempt de matière (asômaton = sans corps) dans sa composition … » (Abraham, II, 58).
Grégoire de Nazianze (IVe siècle) donne une théorie de l’incorporéité des esprits qui sera reprise ultérieurement par le deuxième Concile de Nicée : « Bien qu’il ne soit pas, dit-il, précisément incorporels, on les appelle incorporels par rapport à nous ».
Au Ve siècle, Cyrille d’Alexandrie compte parmi les derniers représentants affirmatifs de cette théorie : « Dieu seul étant incorporel, lui seul ne peut être circonscrit, lorsque toutes autres créatures peuvent l’être, parce qu’elles sont corps, bien que ces corps ne ressemblent pas au nôtre » (L. VI. In Joann).
A l’époque d'Augustin (Ve siècle), cette notion d’âme et d’esprit séparés commence donc à se perdre et la théorie de la composition binaire de l’homme (l’âme se confondant avec l’esprit) s’affirme et le doute surgit : « … nous avons agité … cette question de savoir si l’âme n’a point à demeure, quelque espèce de corps ou quelque chose d’analogue à un corps et que certains appellent… son véhicule (Augustin, Op. Ed. bénéd., II, ép. 14), à quoi Evode d’Uzale lui demande : « si l’âme quand elle a quitté son corps grossier et terrestre… ne demeure point unie à quelque autre corps non composé des quatre éléments comme celui-ci, mais plus subtil, et qui tienne de la nature de l’air ou de l’éther » ; et en résumé, il pense que « l’âme ne saurait être sans quelque corps » (Ibid, II, ép. 158).

Mais, la composition ternaire de l’homme n’est pas encore abandonnée puisqu’au VIIIe siècle, lors du deuxième Concile de Nicée, Jean de Thessalonique propose : "sur les anges, les archanges et aussi les âmes, ces êtres sont à la vérité spirituels mais non complètement privés de corps, et doués, au contraire, d’un corps ténu, aérien ou igné".
Basile était du même avis (Lib. De Spir ; Sancto XVI). Ignace (Ep. ad Trall. IX, 1), Anasthase, Méthodius (pass.) etc., considéraient tous l’homme comme composé d’un esprit et d’une âme présentant l’apparence d’un corps éthérique et d’un corps terrestre matériel. On peut penser que Justin, Césaire, Cassieu, Minutius Félix, Fulgence, Arnobe, Ephrem, etc., ne considéraient pas l’esprit comme absolument immatériel.
Cependant, au cours des siècles suivants, l’âme se confondit petit à petit et de plus en plus souvent avec l’esprit et finalement, l’homme fut considéré comme un être binaire, constitué uniquement d’une âme ou d’un esprit (au choix) intangible et par un corps physique.

Au XIe siècle, nous trouvons une vague réminiscence de la théorie ternaire, perdue ou obscurcie, lorsque Bernard dit : « Nous attribuerons donc à Dieu seul la vraie incorporéité, parce que seul des esprits, il dépasse toute la nature corporelle… » (Serm. VI in Cant.). Ailleurs encore il dit : «  n’accordons qu’à Dieu seul l’immatérialité absolue, car il est clair que tout esprit créé a besoin d’une essence matérielle » (Dom. C. cant.). Malheureusement, son avis ne trouve plus aucun écho : seule la théorie binaire est acceptée, l’âme et l’esprit se confondant l’un avec l’autre dans une totale immatérialité pour planer divinement sur le corps physique auquel ne les unit plus aucun lien.

La conséquence directe et inattendue de cet enseignement primitif occulté par l’Eglise est l’impossibilité de nier son dogme de la résurrection des corps. Si, aux premiers siècles de notre ère, et en toute logique, la résurrection concernait l’âme et l’esprit, l’article concernant la résurrection de la chair fut intercalé dans le Credo postérieurement dans le Symbole de Nicée qui le passe cependant sous silence dans son texte original. Mais depuis, la science est intervenue prouvant que chaque atome constitutif du corps humain ayant fait antérieurement partie de quantité d’autres corps, la résurrection de la chair est d’une impossibilité absolue !


Dernière édition par Freya le Ven 16 Juin 2017 - 19:45, édité 3 fois
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Re: De la résurrection des corps

Message  Freya le Ven 16 Juin 2017 - 19:33

Qu'en est-il exactement de l'Esprit et de l'Ame ?

L’esprit est l'essence individuée de la Force Vitale - qu'il s'agisse d'humain, d'animal, de plante ou de minéral. L'esprit peut être considéré comme la force motrice de chaque entité. Tout a un esprit.

L’Ame est le système d'expression de la vie qui permet à l'Esprit individué dans une forme de vie de s'exprimer à des niveaux conscients, subconscients et supraconscient. Elle pourrait être décrite comme une banque de données contenant l'historique de l'expérience de vie. L'âme conserve ce que l'esprit individualisé a accompli avec la Force de Vie. L'Ame pourrait aussi être décrite comme le véhicule de l'Esprit individuel. Au moment du décès, l’Esprit se retire dans l’Ame qui est aussi son véhicule pour partir vers une autre dimension.

Pour plus de détails voir :
http://sciencetradition.forumactif.com/t235-ame-esprit-quelle-difference
http://sciencetradition.forumactif.com/t326-de-la-realite-de-l-ame
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