Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

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Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Dim 23 Juil 2017 - 11:53

Aryens
Il est admis aujourd’hui que les aryens sont un groupe des peuples dits indo-européens originaires de régions s’étalant de la mer Noire jusqu’à l’Altaï et qui vivaient de l’élevage de troupeaux bovins sur de vastes pâturages. Ils furent contraints de migrer vers le sud  à la suite d’un changement de climat  aux hivers rigoureux qui décimait le cheptel et transformait les prairie en steppes. Ils atteignirent à la fin du IIIe millénaire avant notre ère  le haut-plateau iranien.
Une branche appelée Airiya restée sur le plateau iranien, créa la civilisation mazdéenne et avestique ; une autre appelé Arya continua vers la vallée de l’Indus et créa la civilisation brahmanique et védique de l'Inde.

Zarathoustra
Les mœurs des aryens étaient incompatibles avec la vie sédentaire à laquelle ils durent s’accommoder. Pour obtenir les faveurs de leur dieu de guerre Mitra ils avaient la coutume barbare de procéder à des sacrifices bovins accompagnés d’orgies de viande et d’extases au haoma, une boisson provoquant des délires. A cet effet ils pillaient les troupeaux des autochtones sédentaire qui pratiquaient la transhumance et l’agriculture et dévastaient leurs cultures.
Le jeune Zarathoustra né du clan seigneurial des Spitama ne supportait pas les sacrifices sanglants et la consommation de viande. Incompris des siens, il se retira pendant un certain temps dans les montagnes du Pamir où par la méditation dans la pureté sereine du monde minéral fait de lumière et d'ombres, il eut une vision mystique qui le transporta dans la Transcendance, hors de l’espace et du temps. L'expérience lui révéla l’Unité  et l'ordre universel qui s’étage en niveaux successifs de l’Ultime Lumière céleste à l’abîme d’obscurité terrestre.
Sa compréhension de l’univers n’était plus celle traditionnelle d’une opposition entre un dieu du Bien et un dieu du Mal mais celle d’une Unité lumineuse où les ombres obscures ne sont qu’une privation de lumière. Il éprouva le besoin de communiquer cette révélation. Retournant chez lui, dans son clan des Spitama, il trouva  la compréhension et  l’aide de sa famille qui le fit connaître au roi Vishtaspa. Celui-ci lui procura une protection, lui permettant de parcourir avec ses fidèles compagnons les villes et campagnes pour répandre son enseignement et promouvoir ses projets de réforme.

Gâthas et Avesta
L'Avesta est un  ensemble de textes sacrés de la religion mazdéenne et zoroastrienne.
Les Gathas en sont les parties les plus anciennes,  des poèmes composés par Zarathoustra lui-même vers la fin du deuxième millénaire avant l’ère chrétienne. Ils ont été transmis par récitations rituelles dans une langue archaïque qui fut oubliée. Alors même que le sens de ces chants mystérieux était inconnu, ils ont été intégrés dans l’Avesta dans une transcription phonétique. Les linguistes ont découvert au 19e siècle une parenté très étroite entre les termes sanscrits du Rig véda et les termes des Gathas qu’ils ont ainsi réussi à traduire.  

Une éthique de la vie

L’enseignement  que Zarathoustra a  développé dans les gathas est fondé sur une éthique qui ne concerne pas seulement les relations entre les hommes dans le sens humaniste ou humanitaire de notre civilisation, mais qui concerne surtout la relation de l’homme avec toute forme de vie. Zarathoustra s’opposait violemment aux faux dieux, à Mitra, dieu de guerre et dieu du Mal et condamnait vigoureusement les sacrifices rituels d’animaux. L’éthique des Gâthas est fondée sur le respect de l’ordre naturel et la promotion du Bien et du Bonheur par la pensée juste la parole juste et l’action juste.

L’ordre cosmologique

L’ordre juste de Ahura Mazda,  la Sagesse divine (ahura = divin ; mazda = sagesse) est établi sous la forme d’entités ou aspects métaphysiques que l’Avesta  représentera par les Amesha Spenta (Immortels Bénéfiques) et  qui seront personnifiés dans des traditions ultérieures comme zéphyrs ou archanges.
Ce sont selon Wikipédia:

  • Spenta Mainyu : Esprit Saint.
  • Asha Vahishta : Justice excellente, Meilleure Rectitude.
  • Vohu Manah : Bonne Pensée
  • Xshathra Varya : Pouvoir désirable, Empire Désirable.
  • Spenta Armaiti : Sainte Dévotion, Bénéfique Pensée Parfaite.
  • Haurvatāt : Intégrité, Santé.
  • Ameretāt : Non-Mort, Immortalité.

Ces définitions ne restituent pas entièrement le sens symbolique et la fonction cosmologique des principes métaphysiques. Nous les étudierons sur la base de l’étude de J. Duchesne-Guillemin et en comparaison avec d’autres traditions semblables dans un autre post.

(à suivre)

Bibliographie:
Les réflexions de ce sujet s’appuient sur les auteurs suivants :
Paul du Breuil (PdB), - Zarathoustra et la transfiguration du monde. (1978), pour l’histoire et l’influence culturelle du zoroastrisme.
J. Duchesne-Guillemin (DG), - Zoroastre. (1975), pour les rapports linguistiques et le sens des notions principales ;
Khosro Khazai Pardis (KKP), - Le livre sublime de Zarathoustra. (2011), pour l’éthique et la traduction des Gathas.
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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Mar 25 Juil 2017 - 9:24

Les six Amesha Spenta (Immortels Bénéfiques)  

Khosro Khazai Pardis (KKP), directeur du Centre européen d’études zoroastriennes et zoroastrien lui-même, offre sans conteste la traduction la plus récente et la meilleure des Gathas. Il écrit :
"- Ahura Mazda possède six attributs qui sont de pures abstractions sans individualité ni mythologie. - Si l’on se fie à la fréquence dans laquelle elles sont mentionnées dans les gathas, ils se hiérarchisent ainsi : Asha ou Arta, la Justesse(162), Vohu Manah, la Pensée juste (127), Khashatra, la Maîtrise de Soi (64), Armaiti, la Sérénité (40), Haurvatat, l’évolution vers la perfection (14), et enfin Ameretat , l’Immortalité (14)."

J. Duchesne-Guillemin (DG) distingue dans les trois premiers une trilogie de fonctions principales qu’il cherche à définir par comparaison linguistique avec les racines correspondantes du sanskrit védique.

Asha ou Arta : - Justesse (KKP) ou Ordre juste (DG)
DG considère que Arta est la première fonction et la plus éminente. La racine rta se trouve dans des expressions et noms de rois dans d’autres cultures indo-européennes avec ce sens d’ordre juste. Il cite Dumézil qui éclaire trois aspects de rta, arta :  a) l’ordre éternel, cosmique et naturel, b) l’ordre  liturgique du culte, des rites sacrificiels, et c) l’ordre moral de la prière et de la vérité.
L’Ordre juste n’est donc pas celui d’une loi ou d’un être statique mais celui du mouvement périodique, du rythme naturel ou du rite.


Manyu et Manah : - Pensée juste
Les deux expressions contiennent le radical man. DG  pressent une affinité ancienne entre Manyu et le Vayu védique qui signifie  air ou souffle dans le sens subtil, insaisissable de l’esprit, que l’on retrouve aussi dans l’étymologie des  mots pysché grec et spiritus latin.
Manas en sanskrit signifie intellect dans le le sens de mens latin ou du mental anglais, mots qui on la même racine indo-européenne. Manah en iranien ancien a le même sens. La notion gathique Manyu signifie donc l’Esprit Créateur en tant que potentialités indéfinies et  Vohu Manah, traduit par Pensée juste signifie une disposition d’esprit positive, ce qui suppose un libre choix moral.


Kshatra ou Xshathra : - Maîtrise de soi (KKP) ou  Empire ((DG)
KKP traduit Kshatra, par Maîtise de soi dans le sens de l’évolution spirituelle humaine. La traduction pose pour DG un problème parce que dans la tradition védique le terme kshatriya est attribué  au deuxième niveau social, celui de la fonction guerrière. Il attribue cependant à cette fonction une origine post-védique, constatant que le terme signifie souveraineté  dans le sens de « territoire gouverné » chez les Osses et Scythes et Entité dans le Rigvéda  . Par conséquent, DG a traduit le terme par Empire. Il s’agit dans les deux sens, psychique et cosmique, de maintenir la stabilité. On peut en effet  comprendre la fonction guerrière des kshatriya dans la Bhagavad Gita comme défense de l’identité, de la souveraineté et de la juste tradition. Dans l’Avesta, Kshatra est associé au Ciel et au Métal, dans le même sens de permanence et consistance.


Les trois premiers principes sont cosmiques, les trois derniers en sont des expressions vitales ou psychiques.

Aramati : Sérénité (KKP) ou Dévotion (DG)
Selon DG, le terme   signifie étymologiquement « pensée adaptée, pensée conforme». Dans les Gathas cette vertu procure bonheur, progrès et prospérité. C’est une fonction d’adaptation apparentée à la Pensée juste,  Vohu Manah, avec laquelle elle a le radical ma en commun. Aramati est associé à la Terre.

Harvatat : - Evolution (KKP) ou Santé (DG)
Fonction associée à l’élément Eau, essentiel à la vie, dont la fluidité est associé à la croissance et au mouvement, l'ordre vital de Arta. Mais son pouvoir diffusif en atténue le déterminisme, diversifiant l’ordre.

Ameretāt : Non-Mort, Immortalité.
La Fonction associée aux Plantes signifie l’existence et identité permanente au cours des cycles cosmiques et biologiques, ce qui l’apparente à la stabilité de Kshatra, l’Empire désirable.

Les trois Amesha Spenta principaux sont des principes cosmologiques.
Les trois derniers, apparentés à la Terre, à l’Eau et aux plantes, sont des principes vitaux et concernent essentiellement des fonctions agricoles et végétales plutôt qu’animales et humaines même si leur sens symbolique permet l’extension à l’évolution mentale humaine. En effet, dans la cosmologie et éthique zoroastrienne, la relation avec la nature précède  les relations entre les hommes.


Les Amesha Spenta sont des principes à la fois cosmologiques, comparables à d'autres cosmologies métaphysiques de même époque, et des principes éthiques plus spécifiques du zoroastrisme, qui ont influencé les religions moyen-orientales et européennes ultérieures.
Ces deux aspects seront développés dans les messages suivants.
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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Mer 26 Juil 2017 - 9:37

La cosmologie moniste de Zarathoustra

Il ne faut pas confondre Zarathoustra et les Gathas  avec l’Avesta et le mazdéisme. Des études récentes indiquent (selon KKP) que les Gâthas ont été composés vers -1700, alors que l’Avesta est une compilation de textes anciens rassemblés  vers -700, un millénaire plus tard.
Le zoroastrisme des Gathas est moniste, mais le mazdéisme de l’ Avesta est dualiste,  opposant un dieu du Bien et un dieu du Mal. Bien que profondément imprégné de l’éthique zoroastrienne, le mazdéisme de l’époque achéménide est revenu, sous l’influence du zurvanisme, au dualisme de  la religion pré-zoroastrienne de Mitra, reconnaissant un dieu du Bien ,Ahura Mazda ou Ormazd, et un dieu du Mal Angra Mainyu ou Ahriman.

C’est à tort qu’on qualifie Zarathoustra soit de dualisme, soit d’apôtre du monothéisme. Ahura Mazda signifie la Divine Sagesse de la Nature. Cette divinité n’est pas comparable au Dieu des monothéismes d’origine abrahamique qui reste en dehors du monde qu’il a créé et qu’il dirige.

Le monde émerge de Ahura Mazda, par l’intermédiaire de Mainyu Spenta, l’Esprit Saint. Cette trilogie cosmologique (L’Un, l’Esprit Saint et la manifestation) est commune à la plupart des religions monistes. Par exemple :

La mystique de l’Egypte antique dit que de  Re Atoum ou Amon (le secret) procède Maât déesse de l’ordre et de la justice, dont  Thot, dieu de la parole,   est le messager, et donc la manifestation.

La philosophie indienne du Samkhya dit que de l’union mystique non manifestée du connaisseur Purusha et du connu Prakriti, procède Mahat, principe de l’ordre cosmique, et de Mahat procède Ahamkara, l’identité ou manifestation. Celui-ci, par l’efficience de rajas, crée avec l’esprit de sattva les éléments mentaux et avec la matérialité de tamas, les éléments physiques.


On reconnaît que le même terme Maât ou Mahat désigne l’ordre cosmique en Egypte et en Inde antiques. Ces notions sont sans doute antérieures aux migrations  aryennes et appartiennent à une culture des troisième et deuxième millénaires avant notre ère, commune aux cités d’Egypte, de Mésopotamie et de l’Indus ( Mohenjo daro et Harappa).

Zarathoustra a sans doute été influencé par cette culture, sa cosmologie et son éthique. Pour lui, Mazda réunit la lumière et l’obscurité. De Mazda procède Mainyu Spenta, équivalent à Mahat, et de Mainyu procèdent selon une trilogie semblable aux 3 Gunas du Samkhya, trois principes cosmiques et trois principes mentaux.

Je réunis et j’interprète les Amesha Spenta et les notions du Samkhya dans un même tableau où la trilogie hiérarchique de la création,  semblable aux hypostases plotiniennes  (Un – Esprit – manifestation), est réunie à la trilogie analogue des principes de la manifestation (sattva, cause formelle – rajas, cause efficiente - tamas, cause matérielle).

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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Dim 30 Juil 2017 - 11:07

Ethique et sotériologie

La révolution éthique et sociale
Zarathoustra a institué une révolution dirigée contre une religion établie, celle des éleveurs nomades barbares d’Asie centrale pour qui le bien résidait dans la possession de troupeaux de bœufs et de larges pâturages qu’ils se disputaient en demandant  ses faveurs à leur dieu de guerre Mitra en lui sacrifiant des animaux. Zarathoustra s’opposa avec violence contre les dieux de cette religion, contre les sacrifices d’animaux et contre les rituels magiques accompagnés de transes par l’usage du haoma.  Il n’avait aucune estime et aucune tolérance pour ces croyances traditionnelles et les coutumes magiques qu’il accusait de mensonges, de tromperies et d’hypocrisie.

Le monisme spirituel
Zarathoustra instaura un monisme spirituel au-dessus des esprits opposés du bien et du mal et une éthique fondée sur le libre choix, celui  de la sagesse contre l’ignorance. Bien que Zarathoustra eût adressé constamment ses prières à Ahura Mazda, et qu’on lui ait attribué l’invention du monothéisme, Ahura Mazda, la Divine Sagesse, n’est pas un dieu dans le sens monothéiste, qui serait extérieur au monde qu’il aurait créé et qu’il dirigerait. La Divine Sagesse est un mystère, un secret inhérent à l’Univers et à la Vie, dans le même sens des conceptions spirituelles les plus profondes d’Amon en Egypte ou du Tao en Chine, qui transcendent les distinctions et dualités.

L’éthique

La morale est réduite aujourd’hui à un ensemble de prescriptions ou conventions sociales.  Le christianisme et les autres monothéismes d’origine abrahamique n’appliquent la morale qu’aux relations entre les hommes. Ils n’ont jamais eu d’égard pour la vie animale et n’ont que peu d’égard envers les femmes.
Pour Zarathoustra par contre, l’éthique se rapporte à l’ordre du monde. Le  dualisme du bien et du mal  concerne la pensée de l’homme et son attitude à l’égard de la Vie.  Le mal est la conséquence de l’ignorance et du mensonge et doit être combattu et éliminé non pas par des rites et prières mais par l’action et une vie juste et exemplaire.
Zarathoustra a écrit:A présent, je m’adresse à vous, ô chercheurs de la Sagesse, et à vous, ô les sages, pour vous parler des deux principes fondamentaux (…) Ainsi, avant le Grand événement du Choix, écoutez les meilleures paroles et tendez l’oreille et regardez avec les yeux de la Sagesse. Et avec discernement, chacun de vous, homme ou femme, choisira l’une des deux voies. De ces deux principes fondamentaux qui ont été conçus comme jumeaux et qui naissent dans la pensée, l’un représente le bien et l’autre le mal. Entre les deux, le sage choisira le bien et l’ignorant le mal. Et lorsque dès l’origine, ces deux principes fondamentaux se sont rencontrés, ils ont créé la vie et la non-vie. Ainsi, jusqu’à la fin des temps, les disciples de la Justesse atteindront la meilleure existence, et les disciples du mensonge ne la connaîtront pas. (Gatha, Yasna 30, 1-4)
Toute action est précédée d’un choix. La pensée humaine est fondée sur des distinctions, des dualismes, par exemple entre grand et petit, rapide et lent, proche et lointain. Les aspects dualistes peuvent prendre un sens positif et négatif, comme beau et laid, juste et injuste, pour l’individu qui peut les considérer comme bons ou mauvais.
Mais  Zarathoustra indique qu’à l’origine du bien et du mal il y a deux principes opposés fondamentaux qui sont  comme des jumeaux: la vie et la non-vie. Le bien est ce qui favorise la vie sous toutes ses formes, végétales, animales et humaines. Le mal est ce qui s’oppose à la vie, qui l’empêche  de s’épanouir ou qui la  détruit.

Le libre arbitre
Les hommes et les femmes (Zarathoustra s’adresse toujours aux deux) sont entièrement libres de choisir entre le juste qui favorise la vie et l’injuste qui empêche ou détruit la vie. Il n’existe aucune prédétermination d’origine divine, aucun fatalisme.
Cependant le choix juste exige la maîtrise de soi (Kshatra). Le choix  doit être  indépendant des désirs et sentiments égoïstes, dirigé vers la vie saine, à la fois personnelle, familiale sociale, et en faveur de la vie animale et végétale.
Le choix se fait dans la pensée et précède l’action.  La pensée juste, la parole juste et l’action juste,  celles qui favorisent la vie des hommes, des animaux et des plantes, sont bonnes et procurent le bonheur. Par contre, les mensonges et tromperies causent de la douleur. Le bonheur ou le malheur par réaction se retournent aussi sur le responsable  de l’action.

Le destin

L’ordre juste est celui de la vie.  A part l’Ordre juste (Arta) de la Divine Sagesse (Mazda), il n’y a aucune instance divine extérieure, aucun Jugement dernier ou loi du karma, qui juge et qui récompense ou punit après la mort. Les conséquences des actions sont immédiates.
Dans l’esprit zoroastrien, la mort physique est une transition normale entre les deux mondes, le monde visible des corps et le monde invisible de l’esprit. Au-delà du corps, du principe vital, de l’intellect et de l’identité ou âme, l’être humain dépend d’un principe spirituel qui détermine son destin en fonction de ses actions. (Selon PdB, daêna et fravarti, potentialités ou virtualités  extérieure à l’homme que l’on peut comprendre respectivement comme effet des actions et cause des conditions de la naissance et de la vie)
Le juste peut connaître la santé (Harvatat) et la sérénité (Aramati) dans le monde visible et l’immortalité (Ameretāt) dans le monde invisible: l’Empire de l’Esprit (Kshatra) ou « Demeure de Mazda ».
L’injuste n’aura que des satisfactions physiques et des troubles mentaux en ce monde et ne connaîtra tout simplement pas l’immortalité dans l’autre monde.
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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Sam 5 Aoû 2017 - 5:22

L'importance éthique et civilisatrice de l'empire achéménide

La pureté originelle de la religion de Zarathoustra ne put pas se maintenir longtemps alors que le petit état du roi Vishtaspa qui la soutenait, était balayé par des hordes scythes. "Sans doute, aucune religion ne reflète un portrait fidèle du message original" écrit Paul du Breuil (PdB ). Après Zarathoustra, les premiers souverains qui s'imposèrent en Iran étaient les rois achéménides. Ils conservèrent des divinités traditionnelles telles que Mithra et le dualisme entre le dieu du bien Ahura Mazda et le dieu du mal Ahriman. Mais ils placèrent leur règne sur deux vertus zoroastriennes: l'ordre juste contre l'injustice et la vérité contre le mensonge. La religion des rois achéménides, le mazdéisme réformé, était un syncrétisme de l'éthique de Zoroastre avec le dualisme et les divinités de la tradition aryenne archaïque.

Les rois achéménides se distinguèrent de la barbarie de la plupart des souverains antérieurs et contemporains par leur tolérance. Il était de coutume pour les monarques traditionnels, ceux des Hittites, des Assyriens et des Hébreux eux-mêmes (loi du talion) d'imposer leur pouvoir par la terreur, en tuant leurs adversaires vaincus de la manière la plus cruelle. Les rois achéménides par contre établirent leur autorité sur le pardon et la tolérance. Ainsi Cyrus fit du roi de Lydie qui l'avait attaqué, l'un de ses plus proches conseillers et traita le roi de Médie qui voulait l'assassiner, avec une surprenante générosité. "Au lieu  de livrer ses troupes au pillage des villes conquises et de raser les temples et les statues selon l'usage, Cyrus pratiqua une politique de réconciliation entre les peuples, respectant les cultes étrangers et contribuant même  à l'entretien de leur sanctuaire." (PdB, p.175)

Sous l'empire achéménide, les mages, dont le nom provient des maguséens, caste noble et sacerdotale de Médie, étaient des dignitaires dans le sens de l'éthique zoroastrienne. Mais les mots Médie et mage sont devenus chez les Grecs et Macédoniens, par jalousie et haine de la Perse, des injures synonymes de maléfice et de sorcellerie.

L'application de l'éthique zoroastrienne par la dynastie des rois achéménides pendant plus de deux siècles eut une influence décisive sur les civilisations ultérieures. Elle réalisa une transfiguration du monde au-delà des limites de l'empire achéménide qui était pourtant immense, s'étendant de l'Afrique du Nord à l'Asie centrale et de la mer Égée à l'Indus.
Les deux cents ans de paix que l'empire perse des  Achéménides a donnés au monde causèrent un progrès inégalé de la pensée humaine. La spiritualité éthique de Zarathoustra influença non seulement les empires qui lui succédèrent en Iran, mais encore les  sciences, philosophies et religions  des civilisations postérieures en Orient comme en Occident.

La tolérance, interprétée comme faiblesse par les Grecs, et la logique d'intolérance de son précepteur Aristote, encouragèrent le jeune Alexandre de Macédoine à affronter et détruire la civilisation perse dont celle des Grecs avait tant reçu. Il pilla ses richesses et fit détruire tous les écrits et monuments rappelant la haute culture perse. Alexandre incarne la première démarcation morale et spirituelle qui opposera l'Orient et l'Occident pendant des millénaires.

A la mort d'Alexandre survenue après onze ans de cavalcade diabolique,  succéda la guerre des diadoques, ses lieutenants, pour le partage des conquêtes. Ptolémée obtint l'Egypte et la Syrie, Antigone la Macédoine et une partie de l'Asie mineure. Séleucos garda tout le nord et l'est de l'empire perse.

L'époque hellénistique est une période de transition et de transformation aussi bien politique que culturelle. Sous la couverture superficielle de la langue et de l'art grecs, se rencontrèrent les nombreuses philosophies et croyances tolérées sous l'empire achéménide parmi lesquelles certaines, inspirées du zoroastrisme, firent émerger le christianisme.
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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Sam 5 Aoû 2017 - 6:00

L'influence civilisatrice du zoroastrisme

Bouddhisme
Depuis l'Inde le bouddhisme se répandit aux confins orientaux de l'empire perse devenu séleucide après la destruction de l'empire achéménide par Alexandre. Dans le Gandhara bouddhiste, l'éthique zoroastrienne  s'ajoutant à la doctrine originale, essentiellement psychique et spirituelle de Bouddha, introduisit le respect rigoureux de la vie animale typique du bouddhisme du Nord ou Mahayana.

Humanisme de Socrate et Platon
Les Macédoniens et les Grecs, jaloux de la brillante culture perse, ont renié l'apport culturel de l'Orient et réduit les mages, dignitaires de l'éthique zoroastrienne à des sorciers. Pourtant Pythagore a appris les mathématiques et Démocrite l'atomisme chez des scientifiques et philosophes orientaux et Héraclite a compris les cycles universels sur l'exemple du dualisme mazdéen.
Ainsi Socrate et Platon aussi ont reçu le message de Zarathoustra. Adoptant la tolérance morale mazdéenne, ils en ont fait l'humanisme, ignorant l'universalité de l'éthique zoroastrienne qui comprend toute la nature animale et végétale.

Réforme du Judaïsme
Les Hébreux, sémites originaires du nord de la Syrie, ont toujours séjourné en diaspora dans les empires perses. Les tribus qui conquirent Canaan, en conflit permanent avec les Philistins et Cananéens, furent déportés par l'assyrien Sargon en -721 et par le babylonien Nabuchodonosor en -605. En -515, Darius matérialisa la promesse de Cyrus, la construction du Nouveau Temple à Jérusalem.
Alors que le Dieu traditionnel des Hébreux, Yahveh, provenait d'une divinité tribale Yaw du Sinaï, proche de Baal, Paul du Breuil constate qu'après l'exil, la foi hébraïque s'est transformée au profit d'une dématérialisation des croyances et d'une spiritualisation morale de la pensée religieuse.
La thora fut codifiée par Esdras sur l'exemple du sacerdoce des mages. La primauté de Yahvé qui marque le triomphe du monothéisme sur l'idolâtrie et les pratiques sacrificielles se fit grâce à la conception de grandeur illimitée et de justice du dieu  de Zoroastre. La réforme du mosaïsme fut à l'origine du judaïsme.

Esséniens et christianisme primitif
La réforme et le nouveau temple furent réalisés pendant l'empire des Parthes (-247 à +224) originaires des régions rurales de l'est iranien restés fidèles à leurs traditions et  qui avaient remplacé la brève dynastie séleucide. Ces perses conservèrent la tradition d'un mazdéisme réformé, son éthique et la tolérance envers les autres cultures et religions. Alliés traditionnels des Juifs contre les Romains, les Parthes influencèrent leur messianisme. En effet, des écrits apocalyptiques mazdéo-zoroastriens prédisaient l'arrivée d'un Sauveur (Saoshyant) et la victoire sur les Romains.
Les pharisiens voulaient réformer dans le sens spirituel les lois mosaïques défendues par les sadducéens, tout en s'opposant aux déviations causées par l'hellénisation. Les plus pieux d'entre eux se réfugièrent dans le désert et formèrent des communautés spirituelles telles que celle des Esséniens. Leur messianisme prépara la venue de Jean-Baptiste, de Jésus et du message éthique des Évangiles.  

Les néoplatoniciens
Alors que les premiers chrétiens s'organisèrent, il y eut au Proche-Orient hellénisé d'autres courants spirituels et philosophiques parmi lesquels celui d'Ammonios Saccas à Alexandrie. Le nom Saccas indiquerait qu'il fût descendant des Sacas, communauté bouddhiste du Gandhara, dans l'actuel Afghanistan oriental, qui adopta l'éthique zoroastrienne. Son enseignement qui voulait réunir en un seul syncrétisme les spiritualités orientales et les philosophies grecques fut important pour le christianisme puisqu'il eut comme disciples le théologien chrétien Origène  et le néoplatonicien Plotin, dont l'Ennéade fut un modèle pour Augustin.

Christianisme établi
Lorsque l'empereur Constantin convoqua les premiers chefs de communautés chrétiennes au premier concile de Nicée, en 325, la trilogie néoplatonicienne, qu'Origène présenta sous la forme chrétienne "corps-âme-esprit", servit de modèle au symbole de la Trinité. La rigidité et l'ambiguïté du crédo théologique de Nicée offrirent des prétextes aux premières dissensions entre chrétiens d'Orient et d'Occident, dont le motif réel était une question de préséance. Le pouvoir de l'Eglise de Rome occulta le véritable message éthique et spirituel des Evangiles sous les disputes théologiques.

Sassanides et manichéisme
Pendant ce temps en Iran, l'empire des Sassanides (224-651) succéda au royaume tolérant des Parthes. Bien que se réclamant de Zoroastre, cette dynastie institua sous l'influence des Zervanistes un retour au dualisme archaïque opposant le dieu du mal Ahriman au dieu du Bien Ahura Mazda (Ormuzd), avec les rites rigides d'un clergé dans la tradition des Mages.
Mani voulut réformer cette religion dans le sens de la tolérance zoroastrienne des Parthes et d'un syncrétisme avec le bouddhisme et le christianisme, tout en fondant la morale sur l'opposition mazdéenne de la lumière et des ténèbres. Le manichéisme eut une grande influence au Proche Orient mais cette religion fut confondue par les chrétiens avec le dualisme dogmatique mazdéen et toute spiritualité concurrente en provenance d'Orient fut condamnée comme dualisme gnostique ou manichéen.
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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Lun 7 Aoû 2017 - 8:40

Le Zoroastrisme aujourd'hui

Survivance et renouveau zoroastrien

Les anciennes coutumes zoroastriennes survécurent à la décadence et corruption de la religion des  mages sassanides dans les milieux ruraux et sous forme de cultes familiaux. Les Zoroastriens appelés Guèbres, par les voyageurs européens, conservèrent l'éthique tolérante de la pensée juste, parole juste et action juste ainsi que des rites avestiques tel que le culte du feu.
Réprimés, après la conquête de l'Iran par l'Islam, les plus réfractaires à la conversion se réfugièrent dès le VIIIe siècle dans les anciens comptoirs iraniens de l'Inde, surtout à Bombay, où ils formèrent la communauté des Parsis. Influencés par les ségrégations sociales et les ritualismes védiques, ils sont restés depuis leur arrivée en Inde une communauté fermée aussi bien aux conversions qu'aux  réformes théologiques.
Les Zoroastriens restés en Iran subissant les pressions de l'Islam se réfugièrent dans la discrétion tout en se présentant  comme des "gens du Livre", l'Avesta étant confondu avec la Bible et le Coran. Les efforts syncrétistes entre zoroastrisme et tradition musulmane se bornèrent aux spéculations abstraites du soufisme.
Khorzo Khazai Pardis (KKP) constate depuis trente ans une véritable Renaissance du Zoroastrisme iranien qu'il attribue d'une part à l'insatisfaction des gens avec la vie sous la République islamique, d'autre part à la redécouverte des Gathas. Les jeunes générations en rupture avec l'Islam désirent retrouver la tradition perse, zoroastrienne et beaucoup ont émigré, formant des communautés zoroastriennes à l'étranger. Ils entendent restaurer la pureté de la religion originale de Zarathoustra, ne conservant de l'Avesta que les parties conformes aux Gathas.  
Alors que Paul du Breuil (PdB) estimait en 1978 le nombre de Zoroastriens à moins de 250 000, KKP écrit que certains estimeraient aujourd'hui le nombre de Zoroastriens dans le monde à douze millions, beaucoup résidant en  Europe et aux Etats-Unis.

Une nouvelle transfiguration du monde est-elle possible ?
PdB relève que la grandeur du Prophète de l'Iran ancien "fut d'avoir perçu l'Esprit comme un dynamisme appelant l'homme à toutes les formes, de progrès susceptibles de le grandir vraiment c'est-à-dire de dépasser ses limites naturelles, morales et spirituelles" . Il croit que plus que jamais, l'état de notre civilisation appelle une transfiguration.
Il attribue l'écueil de la civilisation occidentale à la rupture dualiste, faite depuis Platon déjà, entre la Conscience et la nature, une rupture que n'avait pas accompli Zoroastre et dont la conséquence est le rationalisme étroit d'Aristote et de Descartes, une ruse destinée à maîtriser la nature.
"Mais le piège de l'intelligence rusée ne s'arrête pas là, et à partir du moment où le mot philosophie (désignant à l'origine recherche de la sagesse Ndr)  recouvre toute dialectique, le confusionnisme se plait dans le même circuit piégé des sophistes rhéteurs de l'agora moderne. Aussi bien, aux vérités éternelles d'Aristote et de Descartes a répondu l'excès contraire d'un confusionnisme qui en définitive ne sert qu'à embrigader les esprits sophistes  dans des systèmes aux idéologies par contre bien arrêtées. La jeunesse qui vit et parle dans l'abstraction, et sans expérience suffisante de la vie et de la nature humaine est la première victime des masques et des pièges de la parole".
"Nous sommes passés maîtres en magie scientifique. Mais ce n'est pas par plus de science qu'on sauvera le monde mais par plus de conscience. Le plus savant des ordinateurs … manquera toujours de l'esprit de synthèse et de l'inattendu providentiel propres à l'imagination humaine et à son ouverture sur la transcendance, pour peu qu'on sache favoriser leur épanouissement. Nulle connaissance intellectuelle ne suffit à engendrer la sagesse"
PdB remarque: "Il y a toujours eu la  foi méditée philosophiquement par des gens se passant de support rituel". Il compte parmi eux Léonard de Vinci, Goethe, Dante et Victor Hugo. Il suggère la possibilité d'une "religion laïque" et espère une transfiguration aussi importante que celle qui enfanta les techniques et sciences modernes, mais cette fois dans le sens du retour à la conscience humaine et à son harmonisation avec la nature.
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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

Message  patanjali le Mar 8 Aoû 2017 - 11:58

Commentaire personnel.

J'espère avoir donné un aperçu correct du Zoroastrisme, même si le cadre de ce blog ne permet pas, et de loin, de faire sentir l'admiration pour cette civilisation et l'étendue des répercussions civilisationnelles  qu'évoque le livre de Paul du Beuil, une étude de niveau académique qui malheureusement n'est plus disponible, ne correspondant pas aux conceptions de l'histoire des religions qui ont les faveurs à l'époque contemporaine postmoderne.

La suggestion faite par Paul du Breuil d'une "religion athée" est séduisante. Ne faut-il pas chercher la spiritualité dans un monisme, au-delà des divinités personnifiées et au-delà des dogmes, rites et pratiques sacrificielles, comme le voulait Zarathoustra ?
Cela semble être en tout cas le but de la méditation ou contemplation personnelle. Mais une religion signifie relation et communauté. La transfiguration zoroastrienne était aussi un projet social et de civilisation. Elle exigeait un consensus et l'obtint par le consentement du roi Vishtapa sans lequel Zarathoustra n'aurait eu aucune audience.

Les conditions sociales actuelles, le libéralisme et l'individualisme sont elles plus propices ?
L'augmentation du nombre de zoroastriens avancée par KKP pourrait le suggérer, même si elle est sans doute exagérée. Elle indique une découverte et un intérêt nouveaux pour le zoroastrisme.
Mais je crains deux dérives possibles à l'engouement contemporain pour le zoroastrisme:

L'une est la dérive new-age, le goût pour l'ésotérisme oriental, encouragé par le fait que la religion zoroastrienne a la réputation d'être une religion du sourire, du bonheur, de la joie, où l'on chante et danse, avec le risque de confusion entre la vie manifestée et la spiritualité transcendante sans principes d'ordre intermédiaire, que Ken Wlber appelait confusion pré-trans.

L'autre danger est celui de la récupération politique. Le succès du zoroastrisme est attribué par KKP à l'opposition au régime de la République islamique d'Iran, au désir de retrouver la tradition authentique de la Perse, et à l'émigration de jeunes iraniens créant des communautés zoroastriennes à l'étranger, surtout en Europe et aux USA. Comme cela a été le cas dans les "révolutions colorées" du "printemps arabe", les différences religieuses sont utilisées par les puissances occidentales pour diviser et détruire les nations; et c'est une menace actuellement exercée contre l'Iran.

Je pense cependant que le risque pour l'Iran n'est pas le même que celui pour les dictatures ou monarchies arabes ou turque. La tradition de tolérance achéménide et parthe a été transmise autant que le permet la loi islamique aux institutions de l'Etat. L'Iran est une république parlementaire, même si les élections sont étroitement conditionnées par des ayatollahs  et les gardes de la révolution dans la tradition des mages. Il est ainsi fondé sur la trilogie classique des pouvoirs populaire, militaire et religieux plus stable que les démocraties occidentales fondées en général sur une dualité ou alternance bipartisane. Il y a en Iran des communautés minoritaires non seulement zoroastriennes mais aussi juives, chrétiennes, et autres qui sont tolérées, même si, comme partout les minorités ne sont pas privilégiées.  Les religions révélées, les chrétiens (Arméniens, Assyriens), les juifs et les zoroastriens, sont reconnues et disposent de leurs représentants au Parlement.
Il n'est pas impossible que l'hostilité des puissances occidentales pousse la société iranienne à plus de cohésion et vers un multiculturalisme tolérant,  comme cela se réalise d'ailleurs en Irak et en Syrie.
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Re: Zarathoustra et la transfiguration du monde (Paul du Breuil)

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