Homologies et principes premiers des systèmes naturels

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Homologies et principes premiers des systèmes naturels

Message  patanjali le Sam 31 Mar 2018 - 17:01

Logique des systèmes
Ludwig von Berlalanffy a posé les fondements de la Théorie générale des systèmes définis comme des ensembles organisés. Il considère l'univers comme un système composé de systèmes qui sont tous organisés selon les mêmes lois.
L'organisation des ensembles ne dépend pas de la nature des éléments mais des relations ou interactions entre les éléments. Dans les années 1950, le psychologue Watzlawick séduit par la cybernétique de l'école américaine de Palo Alto, attribue les relations systémiques principalement aux rétroactions (feedback), un mécanisme que le biologiste Lupasco a élevé en logique générale de l'énergie par son "principe d'antagonisme". L'approche systémique en psychologie et sociologie est fondée sur la communication dans le sens déterministe des systèmes cybernétiques fermés.

Homologie ou analogie de proportionnalité

Le biologiste Ludwig von Bertalanffy,  avait compris l'organisation biologique dès 1937 comme un système ouvert et sa Théorie générale des systèmes (1972) intègre les interactions cybernétiques dans une organisation hiérarchique caractérisée par des uniformités structurelle. Il attribuait les similitudes structurelles à des homologies dont il dit: "Ce sont les cas où les facteurs qui agissent sont différents mais où les lois sont identiques sur le plan formel" [p.82]. Il précise que "l'homologie entre les caractéristiques des systèmes n'implique pas la réduction d'une discipline à une autre de niveau inférieur"[83]. Il considère la réalité comme "un gigantesque ordre hiérarchique composé d'êtres organisés qui mène, par la superposition de nombreux étages, des systèmes physiques et chimiques aux systèmes biologiques et sociologiques. L'unité de la science est obtenue, non pas par une réduction utopique de toutes les sciences à la physique et à la chimie, mais grâce aux uniformités structurelles qui existent entre les différents niveaux de la réalité." [85]

L'homologie est une forme de la logique d'analogie qui dominait la pensée des cultures anciennes jusqu'à la Renaissance et qui fut progressivement négligée et discréditée et supplantée par la logique formelle aristotélicienne des sciences.
René Alleau écrit dans La science des symboles que la scolastique distinguait une analogie d'attribution et une analogie de proportionnalité. Les deux se rapportent à un exemple; dans l'analogie d'attribution, l'exemple est un principe existentiel d'ordre supérieur tel que le genre arbre attribuée au chêne comme au saule ou hêtre; dans l'analogie de proportionnalité, l'exemple est un rapport fonctionnel. Alleau donne l'exemple suivant: "Nous disons "l'oeil voit" et "l'intelligence voit" parce que l'intellection est à l'intelligence ce que la vision du sensible est à l'œil."

Les principes premiers traditionnels

Les philosophes antiques cherchaient à comprendre l'unité de l'univers par des principes existentiels souvent symbolisés par des "éléments". Ainsi Platon attribuait l'unité du vivant à trois principes: Il attribuait sa consistance solide à la Terre, son devenir au Feu et ses qualités aux proportions. Après lui, Aristote définit les trois principes  de l'unité (cause finale) par les causes matérielle, efficiente et formelle.  (Re: Ontologie chez Platon et Aristote)
Les mêmes trois principes sont appelés Yin, Yang et Qi dans le taoïsme, ou tamas, rajas et sattva dans la philosophie du Samkhya-Yoga.
Les avancées scientifiques de la fin du vingtième siècle ont confirmé et précisé le rôle fonctionnel de ces principes. La théorie des ensembles fractals de Mandelbrot montre comment les similitudes ou homologies sont produites par la réitération d'un même processus. La thermodynamique non linéaire de Prigogine m'ont fait comprendre que l'unité ou simplicité dans la complexité peut se réaliser par auto-organisation sous trois conditions: une structure, un apport d'énergie et des informations de l'environnement.

Exemples de trilogies systémiques

Ces principes abstraits modernes sont une interprétation analogue, restrictive et technologique, des principes premiers traditionnels. Les principes premiers ont la nature des symboles. Ils ne peuvent pas être définis ou réduits à un seul système particulier. En revanche, l'organisation de chaque système particulier est conditionnée par des principes, axiomes, postulats analogues aux principes premiers.
Le tableau suivant résume quelques exemples de trilogies systémiques analogues, que j'ai découvertes aux différents niveaux des sciences, auxquels on pourrait ajouter de nombreux sous-systèmes.

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