La théorie des éléments, structure symbolique de la connaissance

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La théorie des éléments, structure symbolique de la connaissance

Message  patanjali le Dim 9 Sep 2012 - 17:55

Une structure innée de la connaissance.
Dans une correspondance avec la reine Christine de Suède, René Descartes affirma l'existence d'une structure innée de la connaissance.
L'esprit humain possède en effet je ne sais quoi de divin, où les premières semences de pensées utiles ont été jetées, en sorte que souvent, si négligées et étouffées qu'elles soient par les études contraires, elles produisent spontanément des fruits. … Cette science doit en effet contenir les premiers rudiments de la raison humaine et n'avoir qu'à se développer pour faire sortir des vérités de quelque sujet que ce soit; et, pour parler librement, je suis convaincu qu'elle est préférable à toute autre connaissance que nous aient enseignées les hommes, puisqu'elle en est la source.
C'est sans doute aussi cette science innée qu'il signifiait lorsqu'il écrivit: "Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée ". Et quand il énonça son fameux "je pense donc je suis". Cela signifiait par conséquent qu'il n'existe pas de différence fondamentale entre la réalité qui est , et la conscience qui pense. En effet, c'est aussi le sens de la table d'émeraude, célèbre texte de l'alchimie, qu'il n'a pas pu ignorer, qui dit que "Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose." Descartes était en effet marqué par la Renaissance, proche de la pensée platonicienne, des rosicruciens et d'autres connaissances telles que l'alchimie, en provenance de la culture islamique qui avait conservé le savoir ancien d'Egypte et d'Orient..
Ce sont ses successeurs autoproclamés, les cartésiens, qui interprétèrent sa parole à contresens, séparant radicalement réalité scientifique et pensée métaphysique.

***

Interprétation de la structure des éléments traditionnels.
Alors que cette science innée restait spéculative pour Descartes, les théories des éléments sur lesquelles se fondent les médecines traditionnelles de l'Inde et de la Chine constituent non seulement le cadre théorique d'une cosmologie mais encore la base pratique du diagnostic et du traitement. en médecine
Les éléments ne sont pas des substances, ce sont des symboles, dont le sens embrasse tous les niveaux de la connaissance, comme le montre le tableau des analogies de chaque élément chinois avec chaque niveau d'organisation, non seulement des sens et organes du corps humain mais aussi de réalités cosmiques telles que les cycles diurnes et saisonniers. Les éléments chinois sont des repères dans les cycles évolutifs de l'univers et de la connaissance.



Dans la médecine indienne, les éléments désignent plutôt des qualités sensorielles. La médecine ayurvédique précise que chaque être individuel est formé de l'ensemble des cinq éléments mais dans des proportions variables, produisant les caractéristiques globales de chaque être, inanimé ou animé.

Lorsque j'ai essayé de comprendre les médecines orientales et leurs théories des éléments, que je comprenais comme cadre d'une conception holistique ou systémique de l'homme, j'étais frappé par les contradictions apparentes entre les systèmes chinois, indien et tibétain et les différences des dénominations. Cherchant un critère d'interprétation compatible avec la pensée systémique occidentale, je suis tombé sur le texte tibétain du Mahamudra et sa méditation sur le sens duel de matière espace et temps (voir ce sujet ICI)
J'ai cherché alors les correspondances homologiques entre les éléments traditionnels et les thèmes qui par trois paires antagonistes définissent le sens de la matière de l'espace et du temps. Le fait que ceux-ci soient six et que les éléments orientaux soient cinq ne posait pas de difficulté car l'acupuncture chinoise, comme l'ayurvéda introduisent en pratique un sixième élément virtuel pour des raisons de symétrie. Les différences dans les dénominations causaient d'avantage de confusion. Mais grâce à l'ouvrage d'un acupuncteur allemand qui interpréta les éléments chinois par des "images fonctionnelles" en termes occidentaux, je suis parvenu à établir les correspondances entre les éléments chinois, indiens et les thèmes occidentaux .
Ces homologies sont résumées dans le schéma suivant, appelé "modèle d'intégration fonctionnelle (MIF). Je ne vais pas m'étendre sur le sens de chaque élément et les analogies fonctionnelles entre les différentes théories Des explications détaillées peuvent être trouvées dans un chapitre en ligne (ICI) et sur mon site (ICI).
Dans le schéma traditionnel à gauche figurent à l’extérieur les thèmes duels de matière-espace-temps, dans l’anneau jaune les éléments-organes de l'acupuncture. Dans le cercle intérieur, les trois gunas du Samkhya tamas-rajas-sattva correspondent en médecine ayurvédique (et tibétaine) aux « humeurs » Kapha (phlegme), Pitta (bile) et Vata (vent). Les trois gunas sont en effet formés selon la tradition par l'association de deux éléments.



Le schéma de gauche exprime en termes traditionnels ce que le schéma de droite traduit en termes abstraits scientifiques. Les mots Dynamisme et Substantialité signifient simplement force et masse; Continuité et Discontinuité, empruntés à la topologie, analyse mathématique des formes, sont synonymes de unité-uniformité et pluralité-diversité; enfin Détermination et Indétermination se rapportent respectivement aux accomplissements finis du passé et aux potentialités indéfinies du futur.
Les défenseurs des médecines traditionnelles pourraient avoir des objections à formuler quant aux détails. Il faut dire que selon le contexte et la culture, le cercle de la manifestation peut être défini par trois éléments (le minimum indispensable), ou par quatre, cinq, six, douze (zodiaque classique) , vingt (zodiaque maya) ou trois cents soixante (degrés). Mais ce modèle n'a pas pour mission de justifier les schémas empiriques traditionnels mais de parvenir à un nouveau modèle compatible avec les nouvelles conceptions systémiques occidentales.

***

Application: le spectre d'expression systémique (SES).
Ce modèle s'est avéré incomplet et inadapté à la pratique. Dans une étude ultérieure je représente matière, espace et temps selon leur sens duel en trois dimensions par les trois axes orthogonaux formant un octaèdre inscrit dans une sphère et un cube selon les images suivantes.


Si l'on pose l'octaèdre sur une de ses faces triangulaires et qu'on dessine une projection horizontale, correspondant à l'équateur ou équilibre entre le bas et le haut de la figure, on obtient (à droite) un hexagramme dans un cercle qui représente dans un spectre continu les qualités ou propriétés fonctionnelles des systèmes quels qu'ils soient, tels que la psychologie la physiologie et l'anatomie.


Ce modèle appelé "spectre d'expression systémique" (SES) a une cohérence logique qui s'avère applicable à tout domaine, biologique, physique et sociologique, et sans doute aussi aux propriétés et symétries quantiques des particules car celles-ci aussi découlent des paramètres matière/énergie, espace et temps. Il ouve la possibilité d'un langage transdisciplinaire, formalisable en termes vectoriels sur la base d'une logique de l'analogie, c'est-à-dire d'homologies systémiques ou d'homothéties selon la théorie des ensembles fractals (ICI). D'autre part il représente aussi les trois principes de l'auto-organisation déjà expliqués (ICI).

Conclusion: Le modèle dont les axes représentent le sens duel de matière, espace et temps peut être considéré comme un ensemble fractal de relations à l'origine de toute évolution et manifestation par auto-organisation physique, biologique ou cognitive.
Sa justification me parait être confirmée par son adéquation aussi bien aux principes fondamentaux communs aux différentes traditions qu'à ceux des conceptions scientifiques les plus récentes.


Dernière édition par patanjali le Ven 8 Mar 2013 - 15:37, édité 1 fois
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RE : Répondre en citant La théorie des éléments, structure symbolique de la connaissance

Message  SFuchs le Mer 10 Juin 2015 - 19:25

Bonjour à tous,

Dans la lignée du premier commentaire sur les éléments, je voudrais ajouter la métaphysique de Franz Bardon, et de ses théories des trois plans comparables aux plans évoqués ici, bien que sous des appelations différentes : mental/astral/physique. Par ailleurs, Franz Bardon distingue quatre élements fondamentaux : feu, eau, air, terre, réductibles à deux éléments ultimes : le feu et l'eau.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Bardon

Enfin, Franz Bardon propose dans ses ouvrages un travail sur les éléments en l'homme afin de le faire progresser dans la sagesse. D'après mes lectures du jour, cela revient au travail d'individuation dont parle Jung, processus permettant d'accomplir le Soi par intégration - via les symboles - de plus en plus d'éléments de l'inconscient au sein de la conscience, et la vie psychique qui à la fois est à l'origine de cette intention de la personne et à son accomplissement.
Que faut-il penser de tout cela ? Les ouvrages de Franz Bardon sont très bien notés sur Amazon, et il faut bien être conscient, comme Bardon nous met en garde ainsi que CG Jung, dans la dangerosité de telles démarches en même temps qu'elles semblent receler d'énormes potentiels (c'est leur dangerosité potentielle qui m'ont toujours tenu à l'écart de celles-ci).

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Re: La théorie des éléments, structure symbolique de la connaissance

Message  patanjali le Jeu 11 Juin 2015 - 6:38

En somme, Bardon reste dans la tradition pythagoricienne, hermétique, alchimique qui remonte à l’ésotérisme de l’époque hellénistique d’Alexandrie, celle de la tétraktys, en changeant les termes.
Pour le Deux il reprend les termes des éléments eau et feu, pour le Trois des hypostases ou de l’axe du monde ceux de la théosophie.
Les quatre éléments se limitent aux azimuts du plan mental, celui de notre perception du monde manifesté. Le Trois désigne l’axe du monde qui comprend le Ciel et la Terre. Ensemble ils forment l’octaèdre dont le nombre est sept : six thèmes et le centre qui est l'Un.

Les pratiques occultistes et méditatives sont dangereuses quand elles exaltent l’égo et ses émotions, une tendance inhérente au monothéisme judéo-chrétien. L’erreur de la méditation à l’occidentale est de vouloir s’élever vers le Ciel alors qu’elle devrait unir l’énergie du Ciel et de la Terre au Centre transcendantal, la « pierre philosophale » mystique de l’alchimie spirituelle.

Mais dans ce domaine, Freya est plus compétente. Moi, j’ai choisi de rester en sûreté au niveau Intellectuel de la philosophie.  Laughing
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Re: La théorie des éléments, structure symbolique de la connaissance

Message  SFuchs le Jeu 11 Juin 2015 - 14:31

Bonjour Resurgence,

Merci de votre réponse. Oui ces expériences semblent délicates et beaucoup nous mettent en garde. Par ailleurs, une autre méthode de méditation bien connue est la méthode du yoga kundalini, et une autre méthode proche : la petite circulation célèste qui consiste à laisser grandir un courant énergétique circulant le long des vaisseaux Gouverneur et Conception, traversant et activant les shakras. Quant à cette méthode, ce sont les mystiques chrétiens qui nous mettent en garde à leur propos, qu'il s'agisse de Pierre Joseph Verlinde, qui l'a pratiqué comme disciple assidu avant de revenir à la foi chrétienne, ou d'autres. En effet, les mystiques chrétiens disent que ces méthodes conduisent à l'expérience de la non dualité dans laquelle le Moi se dissout, ou dit autrement que les pôles organiques nord et sud de l'homme se retrouvent rassemblés par ces techniques, ce qui conduit à une expérience curieuse d'extase/nirvana durant laquelle le Moi n'est plus (atteinte du point limite auquel le Moi se dissout). On peut comprendre la mise en garde. CG Jung propose dans son processus d'individuation que le symbole reste l'intermédiaire qui permet l'échange énergétique entre le conscient et l’inconscient, c'est des démarches qui me semblent de nature différente alors qu'elles relèvent toute de ce qu'on appelle la méditation.
Je crois que j'écrirais sur un fil approprié plus de choses que j'ai compris sur le sujet. L'avis de Freya, s'il connait un peut tout ça, m'intéresse beaucoup !
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Re: La théorie des éléments, structure symbolique de la connaissance

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