Navigation


 Publications en ligne


 Retour au forum

SCIENCE et TRADITION   

L'utopie du paradoxe / Introduction : La facticité de l'être

Dionysos | Publié lun 25 Sep 2017 - 15:55 | 1151 Vues

Thomas More; L'utopie; p. 42:

Quelque mauvaise que soit une cause, il y aura toujours bien un juge qui la trouvera bonne, soit par manie de contradiction, soit par amour de la nouveauté et du paradoxe.

Sans employer une théorie du Dasein (1) en tant qu’étant (2) qui dans l’aliénation (3) pourrait se voir dépossédé de son être dans sa présence-au-monde et donc pour ce qu’il pourrait permettre d’exploitation dans la spéculation sociale de l’être, je préfère avertir qu’il n’y aura pas de perte de l’avoir avec une forme existentiale (4) de l’entente de l’être et cela pour une raison bien fondamentale où l’égoïsme dont je traiterai n’aura qu’une trace infime dans l’apparition de cet être dans la psyché.

Car et pour le dire autrement la conscience n’accède à la science de l’être que pour établir un ordre de pensée qui n’est pas qu’égotiste puisque il ne permet pas le narcissisme directement à partir d’un avoir mais de ce qui le confond avec une part innommable d’innocence.

Et de cette ontologie (5) il faut faire une psychologie et non faire de la psychologie une ontologie ; c’est-à-dire tirer de l’ontogenèse (6) une psychogenèse (6) pour ne pas désincarner de son identité l’étiologie (7) à ce qui fait de son être la priorité de l’étant et pour rendre la finalité de la pathologie (7) exempte de ce qui fait de sa réalité une négation qui confère au champ des possibles (8) ce qu’elle recèle au-delà des frontières de l’immanence (9). Cela est sans dire qu’il y a un dépassement de la matière au-delà même de sa présence et qui est la visitation de la substance qui est vécu comme une absence.

Comme disait F. Schelling :

La nature doit être l’esprit visible, l’esprit doit être la nature invisible. C’est donc ici, dans l’identité absolue de l’esprit en nous et de la nature en dehors de nous, qu’il faut résoudre le problème de savoir comment une nature est possible en dehors de nous.

Cette phrase ainsi que le discours sur l’ « absolu » (« tout ce qui est, est en définitive un ») font de F. Schelling un philosophe romantique. Mais le détour et la visite d’autrui de son ego doit permettre la profondeur ainsi que Shakespeare dit : « Être ou ne pas être, telle est la question ! » Car c’est là une affaire de profondeur et non pas d’un faire-valoir d’une apparence quelconque. C’est comme l’inverse et le contraire : le premier fait part d’un retournement exhaustif là où le second n’apporte qu’une contrainte de l’adversité.

Le Dasein au-delà du fait qu’il veut dire être-là parce qu’il est jeté au monde, cela veut aussi dire qu’il ne s’est pas posé lui-même, mais de telle sorte que cet avoir à être est ce à quoi il est remis pour qu’il y ait mêmeté (10) entre l’être et la raison qui l’invoque et cela d’après le principe de raison suffisante (11). Ainsi et avec Heidegger :

 Le tourbillon manifeste en même temps le caractère de jet et de mobilité de l’être-jeté qui peut s’imposer au Dasein lui-même dans son affection. Non seulement l’être-jeté n’est pas un « fait fixe », mais il n’est pas non plus un fait circonscrit. Il appartient à la facticité que le Dasein, aussi longtemps qu’il est ce qu’il est, reste dans le jet et est entraîné par le tourbillon dans l’inauthenticité du On. L’être-jeté où la facticité se laisse voir phénoménologiquement appartient au Dasein pour lequel, en son être, il y va de son être même. Le Dasein existe facticement.

Ainsi nous démarrons sur l’influence de l’aliénation sur la fausseté de la table rase (qui est l'article précédent) ; puis dans un même mouvement nous étudierons la rhétorique du savoir et de sa crise de la persuasion ; puis viendra une thèse sur la liberté et l’innocence ; ensuite on dégagera deux réseaux : l’ontogenèse comme étiologie ainsi que la psychogenèse comme pathologie ; puis viendra la conception de la mort de Dieu et celle du désir comme émancipation absolue ; et enfin se dégagera une règle psychosociale de l’ontologie sous forme d’antithèse de ce que l’on aura pu dire de la liberté. C’est alors que je conclurai sur les possibilités inhérentes à la fois au symbolisme et aux valeurs d’une réalité qui se conçoit dans la métaphysique.

(1): Dasein ou être-là; à ne pas prendre littéralement et qui veut aussi dire réalité humaine où son être est en circulation dans l'existence et y prend position.

(2): Etant : qui est le référant à l'existence de l'être et qu'on nomme la copule.

(3): Aliénation : qui a un sens social chez K. Marx dans le sens de la dépossession et que j'ai repris dans un ordre psychologique sans m'écarter du caractère de son inauthenticité ontologique.

(4): Existentiale : qui a un rapport à la temporalité dans sa matrice existentielle.

(5): Ontologie : la science de l'être.

(6): L'ontogenèse qui est le développement de la psyché est complémentaire à la psychogenèse qui est l'anticipation de son résultat.

(7): L'étiologie qui est l'étude des causes psychiques a pour complément la pathologie qui en dénombre les symptômes. 

(8): Le champ des possibles est le lieu de la contingence où l'être s'ouvre à la facticité.

(9): L'immanence est la réalité interne de la nature d'un être contrairement à la transcendance qui lui est externe et supérieure.

(10): La mêmeté est ce qui identifie l'être à la raison dans la formule : "rien n'est sans raison" chez M. Heidegger et qui peut se lire de deux manières selon que la raison est un prétexte ou encore une Raison qui se justifie d'elle-même.

(11): Le principe de raison suffisante a été repris par M. Heidegger à G.W. Leibniz qui s'était d'abord posé la question de : "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" 

À propos de l'auteur