Réflexions sur les déclarations des droits de l'homme.

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Réflexions sur les déclarations des droits de l'homme.

Message  patanjali le Lun 24 Sep 2012 - 19:03

Je reproduis quelques phrases extraites de deux sites qui critiquent les déclarations des droits de l'homme:

Le premier est intitulé: "Critique des Droits de l'Homme et du Citoyen", extrait de « La Question Juive » de Karl Marx. http://infokiosques.net/IMG/pdf/marx-dhc.pdf

Laissons parler la constitution la plus radicale, la constitution de 1793 :
Art. 2. « Ces droits, etc. (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. »
1) En quoi consiste la liberté ? D’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. » Or le droit humain de la liberté n'est pas fondé sur l'union de l’homme avec l’homme, mais au contraire sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu borné, enfermé en lui-même *).
*) Note: Le ghetto n'est pas particulier aux juifs, car nous vivons tous dans un ghetto, telles des monades « libres », c'est-à-dire des être autorisés à jouir du droit à l'isolement. Juif, chrétien, athée ou croyant, l'individu-monade est un être égoïste du fait même de son appartenance à la société civile, jouissant du statut des droits de l'homme. La morale de l'émancipation politique est la négation de l'éthique de l'émancipation humaine, et, inversement, celle-ci transcende celle-là.

La constitution de l’État politique et la désagrégation de la société civile en individus indépendants s’accomplissent en un seul et même acte.
L’homme réel n'est reconnu que sous l'aspect de l’individu égoïste et l’homme vrai que sous l'aspect du *citoyen abstrait
*) Note : pour expliciter la distinction opérée par Marx entre l'homme réel et l'homme vrai, on peut se référer à l'analyse de ce texte par Kostas Papaïoannou (dans De la critique du ciel à la critique de la terre, éditions Allia, p.38-39) : « Cet homme individuel [l'homme des droits de l'homme] empêtré dans le "matérialisme de la société civile" représente l'unique réalité, mais cette réalité n'a aucune vérité parce que cet homme atomisé, réduit à une simple "monade", s'est détaché et s'est séparé de son être véritable "communautaire" et "générique". Aussi apparaît-il comme un élément purement "matériel" et "passif" puisque "l'activité consciente est concentrée sur l'acte politique". C'est le citoyen qui représente désormais la vérité de l'homme, mais cette vérité est absolument irréelle : le citoyen lui-même est un être "artificiel, produit par l'abstraction" [abstrahierte]. » Ainsi, la démocratie bourgeoise ne vient pas abolir la séparation chrétienne entre l'homme et son être générique (Dieu), mais au contraire la reproduit : « la vie dans la société bourgeoise condamne l'homme à renoncer à son "être générique", à "se séparer de son être communautaire" Gemeinwesen] pour mener une existence mutilée de Teilwesen, d'homme réduit à une parcelle de lui-même, d'individu "égoïste", mû uniquement par "l'intérêt privé et l'arbitraire privé". Incapables de réaliser leur "être générique" et "communautaire"dans leur "réalité individuelle" au sein d'une société où règne "l'égoïsme" et "la guerre de tous contre tous", les hommes projettent leur "vraie vie" dans la sphère politique qui représente désormais le "ciel de l'universalité" vis-à-vis de la "réalité terrestre" des intérêts privés. »

2) - L'égalité, dépourvue ici de signification politique, n’est rien d'autre que l’égalité de la liberté définie plus haut, à savoir : chaque homme est considéré au même titre comme une monade repliée sur elle-même.
L’application pratique du droit de l'homme à la liberté, c’est le droit de l'homme à la propriété privée.
3) - « Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. »
4) - Et la sûreté ?
Art. 8. (Constitution de 1793) : « La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. »
La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société civile, la notion de police d'après laquelle la société toute entière n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits, de ses propriétés. Par la notion de sûreté, la société civile ne s’élève pas au-dessus de son égoïsme. La sûreté, c'est plutôt l’assurance de son égoïsme.

Ainsi, aucun des prétendus droits de l’homme ne s'étend au-delà de l’homme égoïste, au-delà de l’homme comme membre de la société civile, à savoir un individu replié sur lui-même, sur son intérêt privé et son caprice privé, l'individu séparé de la communauté. Bien loin que l’homme ait été considéré, dans ces droits-là, comme un être générique, c'est au contraire la vie générique elle-même, la société, qui apparaît comme un cadre extérieur aux individus, une entrave à leur indépendance originelle.
***

Le second article (dont je ne cite que des sous-titres) détaille plus particulièrement les droits de l'homme dans notre société contemporaine consommatrice et informatisée au profit de ce qu"on appelle aujourd'hui "l'économie" .
http://jccabanel.pagesperso-orange.fr/critique_de_la_declaration_des_d.htm

1. L'histoire des libertés accordées à l'homme n'a cessé de se confondre, à ce jour, avec l'histoire des libertés accordées par l'homme à l'économie :
2. Les droits de l'homme ne sont que les ampliations particulières d'un droit unique, celui de survivre à la seule fin de travailler à la survie d'une économie totalitaire, qui s'est imposée mensongèrement comme seul moyen de subsistance de l'espèce humaine.
3. Le droit de survie, concédé à quiconque se l'approprie "à la sueur de son front", agit avant tout comme un sursis et un recours contre la condamnation à mort que l'économie prononce à l'endroit de celui qui ne travaille pas à en accroître la puissance.
4. L'humanisation du droit divin traduit le dépérissement du mandat céleste dont se revendiquait, dans les régimes à prédominance agraire, le pouvoir des hommes sur leurs semblables. L'instauration du mandat terrestre entérine le pouvoir de l'État.

***

Lorsque le sens de responsabilité et de fidélité à une appartenance familiale, sociale, culturelle se perd, apparaissent non pas la liberté et l'égalité mais l'oppression par des réglementations. C'est ce SENS qu'il faut comprendre dans ce verset de Lao Tse.

Tao te king, verset 18

Lorsque le SENS dégénère, apparaissent morale et devoirs.
Lorsqu'intelligence et savoir dominent, apparaissent les grands mensonges.
Lorsque les parents sont désunis, surgissent les devoirs parentaux et d'affection.
Lorsque la confusion atteint l'Etat, on trouve des fonctionnaires dévoués.
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Re: Réflexions sur les déclarations des droits de l'homme.

Message  patanjali le Mar 9 Oct 2012 - 18:04

Je n'ai jamais été marxiste mais ce texte citant Marx, trouvé en cherchant des critiques aux droits de l'homme exprime plus que tout ce que j'ai pu penser de la société actuelle et de la pensée analytique réduisant tout à des entités individuelles conformément à la pensée aristotélicienne et cartésienne.
Les mœurs de notre société, sa ghettoïsation individuelle a aussi sa racine, qui nous promet un messie et un nouvel ordre mondial, dans:
YHVH (je suis celui qui suis) détourné en JE SUIS = Jésus
que chacun fait sien sous prétexte que chacun crée son propre monde de connaissances. Ce qui serait juste c'est:
JE DEVIENS

Car la transition individuelle dans la vie manifestée n'est qu'un instant de la Vie ou Conscience commune à tout sur Terre.

En proclamant cela je me trouve moi-même isolé, désabusé, car en dissidence par rapport à la "pensée unique".
Mais l'alchimie nous apprend qu'avant que la grande oeuvre ne puisse aboutir, il faut que la substance passe par la putréfaction et le feu. Cela vaut aussi pour la sociéte et l'homme en général. C'est pourquoi je ne suis pas désespéré pour la Vie.


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