Symboles du Balai des Sorcières

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Symboles du Balai des Sorcières

Message  Freya le Lun 17 Avr 2017 - 22:09

Dans la Tradition nordique, taillé dans une branche de frêne, le manche à balai des sorcières  était consacré à Oddhin. Quant à la brosse proprement dite, elle était faite soit de branchages de bouleau pour les pays nordiques, soit de noisetier ou encore de sorbier des oiseleurs pour d’autres. Le premier (bouleau) était employé pour la purification, le second (noisetier) pour l’initiation et le dernier (sorbier des oiseleurs) pour la guérison. Dans certaines contrées européennes, la brosse était également faite de brins d’osier (saule) et à l’époque du christianisme primitif, les gens fabriquaient des croix protectrices dans les différents bois de ces brosses. Ces différentes essences composant les brosses des balais, sont directement liées aux Runes et aux Ogams.

Pour les Nordiques, le balai est associé à Thor, dieu du Tonnerre. Aussi, les habitants faisaient-ils figurer des balais sur les façades de nombreux édifices dans le but de protéger les maisons des effets dévastateurs de la foudre. De nos jours encore, il est possible d’en voir en Allemagne sur les façades de briques d’anciennes maisons. Ces balais portent alors le nom de « Donnerbesen » ou « balai tonnerre ».



Dans la Tradition nordique donc, il est l’axe cosmique (Yggdrasil) le long duquel les sorcières, en état de décorporation, « volent » en spirale. Dans la cathédrale de Schleswig-Holstein, une fresque montre la déesse nordique Frigg chevauchant un balai bien que selon la Tradition nordique c’est une quenouille qu’elle monte à califourchon. La quenouille et le fuseau sont donc les principaux attributs de Frigg pour une raison bien précise : les Scandinaves désignaient la Ceinture (ou Baudrier) d’Orion sous le nom de Quenouille de Frigg. Pour eux, Frigg parcourait les cieux, tenant d’une main l’Etoile Polaire (appelée le Chariot de la Dame) tel un fuseau tout en maintenant la quenouille entre ses jambes. Mais, le fuseau et la quenouille sont également liés au filage et plus particulièrement à celui du destin des humains. Au pied de l’Yggdrasil, à côté de la Source sacrée, les trois Nornes : Urd, Verdandi et Skuld filaient, tissaient et coupaient le fil des vies humaines. En outre, le fuseau et la quenouille sont les symboles du fil déroulé et de la vie qui évolue et, en conséquent, de la clef du mystère du labyrinthe.


Selon l’ancienne Tradition, dans la nuit du 30 avril au 1er mai les portes de Beltaine (signifie ‘feu favorable’) s’ouvrent. Si dans certaines régions d’Europe les danseurs se préparaient à effectuer la danse du Cheval-Jupon, au même moment en Scandinavie, on se préparait pour la nuit du Vappu, devenue plus tard la nuit de Walpurgis, pour fêter la fin de l’hiver et plus spécialement le pouvoir du feu sacré. Les villageois montaient alors sur les collines orientées vers l’Est où ils allumaient de grands feux, comme pour la nuit du solstice d’été (21-22 juin), qui allaient apporter le pouvoir du Soleil à la Terre, purifier tous les participants y compris les troupeaux présents afin d’être prêts pour un nouveau cycle. Ces feux, appelés « feux de nécessité » étaient allumés avec du bois sec provenant des neuf arbres sacrés et selon un rite précis dans une grande cuve de pierre dans le but de purifier l’air de toute maladie, de toute énergie négative et de tout ce qui pourrait nuire à l’enfant non encore né des récoltes. Depuis la nuit des temps, l’homme considérait le feu comme une bénédiction et en sus il était l’intermédiaire parfait entre lui et le monde supérieur. Il arrivait que deux feux soient allumés simultanément afin que le bétail puisse passer entre et ainsi, être purifié de toute maladie après les longs mois d’hiver passés à l’intérieur. Les enfants avaient la charge d’alimenter le ou les feux de bruyère et d’ajoncs secs et faisaient tourner des tisons autour de leur tête, imitant la course du soleil dans le ciel. Un peu de lait était versé en offrande sur la Terre nourricière et de petites quantités de nourriture étaient jetées dans le feu par les participants pour demander la protection des troupeaux, et à leurs prédateurs d’être un peu moins gourmands… Le reste de la nourriture était partagé et mangé en commun. Les jeunes adultes sautaient par-dessus les flammes pour se purifier tandis que les plus âgés attendaient qu’il n’y ait plus que des braises pour ce faire.
Jamais il n’a été question ni de sabbat ni de sorcières ! Cette fête fort ancienne dont l’origine remonte aux temps les plus reculés, était largement suivie par toutes les populations européennes. Après l’acculturation, interdite par l’église, la fête continuait d’être célébrée clandestinement en dépit des menaces d’excommunication. L’église et quelques auteurs comme Goethe dans Faust, ont diabolisé cette ancienne Tradition de la nuit de Walpurgis en lui forgeant une réputation sulfureuse !


Il va de soi que le balai de sorcière avait une connotation phallique dans certains pays européens. Lors de cérémonies qui se déroulaient dans le courant du mois de mai, selon les contrées, les dames tenaient soit un balai ou une cuillère en bois, tandis que les messieurs  portaient soit une fourche, soit un balai, soit tout autre outil de jardinage tel un râteau ou une binette mais, comportant un symbolisme allant au-delà de leur fonction. Au XIXe siècle en Italie, il était interdit aux femmes pauvres qui n’avaient pas de pré pour y faire paître leur unique vache ou chèvre, de les faire brouter le long des chemins et des routes tout en filant le lin ou le coton afin de ne pas compromettre la croissance des semailles…
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Freya

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